Culture

#PayeTonAuteur : La colère monte chez les auteurs à quelques jours de Livre Paris

Des auteurs et des illustrateurs affirment que Livre Paris ne rémunère pas tous les intervenants et menacent de boycotter l’événement.

Alors que Livre Paris, l’un des plus grands salons littéraires en France, s’ouvre le 16 mars prochain, la colère gronde chez les auteurs et illustrateurs français. En effet, tout le week-end, nombre d’entre eux se sont exprimés sur les réseaux sociaux.

Stop au bénévolat forcé

Ainsi, dès vendredi 2 mars, ils, notamment le Syndicat national de l’édition, ont dénoncé le traitement qui leur était réservé par les organisateurs de l’événement. En effet, ils se sont indignés de la participation bénévole pour certaines interventions devant un public.

Les premières alertes sont venues d’auteurs jeunesse et jeunes adultes qui expliquaient qu’ils n’arrivaient pas à se faire rémunérer. Pour des interventions de 45 minutes, parfois une heure, qu’on leur demandait d’effectuer gratuitement.

A expliqué Samantha Bailly, la présidente de la charte des auteurs et illustrateurs jeunesse. Cette dernière est à l’origine du mouvement, conjointement avec le syndicat des auteurs de bande-dessinée.

Or, depuis plusieurs années, le Centre national du livre recommande aux festivals et événements subventionnés par l’Etat de rémunérer les intervenants. Alors que la rémunération est de 227 euros la demi-journée et 376 euros la journée, selon les recommandations de la charte, cet engagement est généralement suivi par de nombreux salons, médiathèques ou associations. Néanmoins, Livre Paris étant un salon privé, il n’est pas tenu de respecter cet accord.

Plusieurs têtes d’affiche acceptent de venir même sans être rémunérées, car ils gagnent bien leur vie et sont habitués à ce système depuis des années. Mais on voit depuis quelques temps l’émergence d’une nouvelle génération d’auteurs, très précaires, pour qui la situation devient intenable.

A déploré Samantha Bailly, ajoutant :

Les auteurs sont les stagiaires du monde de l’édition, on leur fait comprendre qu’ils sont interchangeables, que s’ils refusent de venir gratuitement, d’autres le feront à leur place. Le système est d’une violence inouïe.

Ainsi, face à cette précarité préoccupante, 41% des auteurs professionnels gagneraient moins que le SMIC, selon des données du ministère de la Culture, les langues commencent à se délier.

Longtemps, les auteurs n’ont rien osé dire, par peur de mettre en péril leur carrière. De se voir fermer des portes, louper des opportunités. Mais la situation se dégrade tellement qu’elle déborde aujourd’hui sur la place publique.

Juste rémunération

Ainsi, sur Twitter ce week-end, le hashtag #PayeTonAuteur est rapidement passé dans le Top 5 des tendances. Il a été largement commenté par les auteurs eux-mêmes, certains éditeurs solidaires, mais aussi les lecteurs. Et, tous interpellent directement les organisateurs du Salon. Alors qu’ils appellent à une juste rémunération de tous les auteurs intervenant en plus de leur dédicace, certains menaçant de boycotter l’événement si aucune disposition n’est prise.

Pour Samantha Bailly, le mouvement risque de prendre encore plus d’ampleur, si aucun accord n’est trouvé :

Je pense qu’on est à l’aube de l’un des mouvements les plus importants que l’on ait vu dans le monde du livre. Je n’ai jamais senti une telle vague depuis le début de ma carrière.

Face à cette indignation, Livre Paris a publié samedi 3 mars un court communiqué. Il a indiqué que « tous les auteurs et artistes jeunesse » qui interviennent sur scène sont rémunérés. Il est tenu « compte de la forme de leurs interventions (ateliers et/ou autres formats artistiques singuliers) ».

Pourtant, jugé « Trop flou », les contestataires ont affirmé que malgré cette annonce, certains boycotteraient le salon.

Ensuite, dans l’après-midi de lundi 5 mars, Livre Paris a publié un second communiqué. En résumé, les organisateurs ont indiqué que « tous les auteurs et artistes intervenants seraient rémunérés, hors situation de promotion ».

Sur les réseaux sociaux cependant, le dialogue entre le salon et les auteurs mécontents ne s’est pas apaisé :

 

Publié le mardi 6 mars 2018 à 15:51, modifications mardi 6 mars 2018 à 12:20

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