Découverte

Guatemala : Incroyable découverte d’une cité maya sous la jungle

Une trentaine de scientifiques a mis à jour une « mégalopole » maya, en plein cœur de la jungle du Guatemala.

Un vaste réseau de cités antiques de la civilisation maya a été mis au jour au Guatemala par une trentaine de chercheurs issus d’un consortium international. L’information a été rapportée dans les colonnes du magazine National Geographic jeudi 1er février. Les scientifiques participent à un projet de la Fondation pour le patrimoine culturel et naturel maya, Pacunam. S’appuyant sur la technologie LiDAR (télédétection par laser), ils ont pu mettre au jour un gigantesque complexe dissimulé depuis des siècles sous la jungle du département de Petén, au nord du Guatemala.

60.000 habitations révélées

Selon les chercheurs, il s’agit d’une « découverte majeure » dans l’histoire de l’archéologie. En effet, les ruines de plus de 60.000 habitations, routes et autres constructions humaines ont ainsi été mis à jour. Pendant des siècles, elles sont restées enfouies dans l’épaisse jungle qui s’épanouit au nord de ce pays d’Amérique centrale. Ainsi, les scientifiques ont découvert des demeures, palais, routes surélevées (en cas d’intempéries) reliant des centres urbains hyperconnectés, fortifications militaires. Mais aussi des systèmes d’irrigation permettant, au moyen d’une agriculture intensive, d’alimenter plusieurs millions d’habitants durant la période de la civilisation maya classique (200 à 900 après J-C).

Cette avancée scientifique révélerait des systèmes comparables à ceux de la Grèce ou de la Chine anciennes, beaucoup plus « sophistiqués » que ce que les chercheurs avaient imaginé jusqu’ici.

En outre, National Geographic a expliqué qu’à son apogée, la civilisation maya classique couvrait une surface représentant le double de l’Angleterre médiévale. Mais beaucoup plus densément peuplée. Ainsi, alors que l’on s’accordait jusqu’ici à estimer à près de 5 millions le nombre de personnes vivant à l’époque dans cette zone géographique, les nouvelles données recueillies pourraient réévaluer cette estimation à 10. Voire 15 millions d’habitants.

Révolution technologique

Pour parvenir à cette découverte, aucun arbre n’a toutefois été abattu. En effet, grâce à une technologie appelée LiDAR, à base de rayons lasers, des images ont été révélées par balayage laser. Il a ôté la forêt sur les cartographies, puis reconstitué en 3D les ruines mayas.

Ensuite, avec des drones capables de pénétrer les feuillages denses, les chercheurs ont cartographié une zone de plus de 2.100 km² située dans la réserve de biosphère maya. Des capteurs thermiques ont permis de localiser des systèmes souterrains qui reliaient entre elles les cités connues de longue date. Mais aussi des monuments à l’intérieur même des villes antiques. Ainsi, une pyramide restée secrète jusqu’ici apparaît désormais en plein cœur de la plus célèbres d’entre elles, Tikal.

Les ruines ont été reconstituées en 3D et incluses aux images en réalité augmentée.

Les images obtenues grâce au LiDAR montrent clairement que la région entière était une colonie. Dont la taille et le nombre d’habitants ont été grossièrement sous-estimés.

A affirmé Thomas Garrison, un archéologue cité dans le National Geographic.

Pour Francisco Estrada-Belli, archéologue à l’université de Tulane (Etats-Unis) :

La technologie Lidar révolutionne l’archéologie de la même manière que le télescope spatial Hubble a révolutionné l’astronomie. Il nous faudra cent ans pour analyser toutes ces données et comprendre réellement ce que nous voyons.

 

Publié le samedi 3 février 2018 à 16:06, modifications samedi 3 février 2018 à 16:06

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