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Un os vieux de 85.000 ans vient bouleverser la théorie sur la migration de l’Homo-sapiens

Les livres d’Histoire affirment que l’humanité est sortie de son berceau dans une seule vague migratoire. Pourtant cette phalange d’Homo-sapiens, vieille de 85.000 ans, dit le contraire.

Un os de doigt découvert en 2016, dans le désert de Néfoud en Arabie Saoudite, dans le site archéologique d’Al Wusta serait vieux d’au moins 85.000 ans.

Cette découverte remet en cause la théorie selon laquelle l’Homme a quitté son berceau africain il y a 60.000 ans, au cours d’une grande migration.

Des déplacements dans les terres d’Eurasie

Ainsi, dans une étude publiée lundi 9 avril dans la revue Nature Ecology & Evolution, une équipe internationale d’archéologues a fait le point sur cette mise à jour.

Le petit os d’une phalange, sûrement d’un majeur, est âgé d’au moins 85.000 ans. Mais c’est surtout le plus vieux fossile d’Homo Sapiens découvert en dehors de l’Afrique et du Levant. Ce dernier comprend la côte méditerranéenne du Proche-Orient. Et pour les auteurs de l’étude, cette découverte assène un nouveau coup à l’idée classique selon laquelle l’Homme a quitté son berceau africain il y a 60.000 ans, dans une grande migration.

Il n’y a pas eu qu’une vague. La réalité est plus complexe, avec plusieurs vagues de migration réparties sur des dizaines de milliers d’années.

A déclaré Huw Groucutt de l’Université d’Oxford et coauteur de l’étude.

Toutefois, pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ne se basent pas uniquement sur cet os. En effet, le site archéologique d’Al Wusta est également rempli de différents outils en pierre et de fossiles d’animaux. Or, tous ces indices d’importance montrent qu’il y a quelque 85.000 ans, ce désert était une région bien plus hospitalière. Composée de lacs et de rivières. Ainsi, les scientifiques suggèrent que les vagues de migration ont sans doute eu lieu en fonction de l’évolution du climat local.

Une théorie corroborée par la découverte de ce doigt. Car si de nombreux éléments ont été déterrés ces dernières années, notamment en Asie de l’est et en Australie, à chaque fois, il s’agissait soit de preuve indirecte (outils), soit l’identification formelle de notre espèce s’était avérée complexe.

Plusieurs routes de migrations

Il y a eu de multiples dispersions d’êtres humains hors d’Afrique. Le mouvement migratoire et la colonisation de l’Eurasie sont beaucoup plus compliqués que ne le disent nos manuels.

A détaillé Michael Petraglia, du département d’Evolution humaine à l’Institut Max Planck en Allemagne, également coauteur de l’étude.

Ainsi pour l’archéologue cette découverte semble indiquer que l’humanité se serait répandue hors d’Afrique au moins par deux chemins différents.

  • Le premier, au nord de la mer Rouge. Il aurait permis à l’humanité, en suivant la côte méditerranéenne riche en nourriture, de s’établir au Levant.
  • La seconde route passerait au sud de cette mer, par le détroit de Bab-el-Mandeb. C’est par ce chemin que seraient passés les ancêtres du propriétaire du doigt découvert dans le désert de Néfoud.

Les auteurs de l’étude restent en tout cas persuadés qu’à l’avenir, d’autres fossiles seront mis à jour. Ils permettront sans doute de combler ces trous pour mieux comprendre comment l’Homme a colonisé, petit à petit, vague après vague, l’ensemble de la Terre.

Publié le mardi 10 avril 2018 à 13:55, modifications mercredi 11 avril 2018 à 8:34

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