Société

Paris : Un djihadiste présumé libéré de prison par erreur

Soupçonné d’être impliqué dans un projet d’attentat en 2014 à Lyon, un djihadiste présumé a pu être remis en liberté parce qu’un juge d’instruction a oublié de renouveler sa détention provisoire.

Un homme, soupçonné d’être impliqué dans un projet d’attentat en 2014 dans la métropole lyonnaise, a été libéré après une erreur du cabinet du juge d’instruction. Celui-ci a oublié de renouveler la détention provisoire du présumé djihadiste.

Le juge a oublié de renouveler la détention provisoire

Dans les détails, Oualid B. doit être jugé en novembre prochain à Paris, aux côtés de Reda Bekhaled et de ses frères. Tous sont soupçonnés d’être impliqués dans un projet d’attentat en 2014 à Lyon. Et dans une filière d’acheminement de combattants en Syrie. Pourtant, sur une information du Canard enchaîné de ce mercredi 22 août, le djihadiste présumé a été libéré de prison le 3 avril dernier. Et ce, alors qu’il était en détention provisoire depuis août 2016.

Ainsi, selon Le Canard enchaîné, Oualid B. était en prison depuis août 2016. Or, il en est sorti le 3 avril parce que le cabinet d’un juge d’instruction a oublié de renouveler sa détention provisoire. Donc, le présumé djihadiste est depuis en liberté, mais sous « contrôle judiciaire très strict », selon le ministère de la Justice.

L’affaire a eu un retentissement très important en interne.

A reconnu une source proche du dossier et cité par le journal satyrique.

Ainsi, une inspection mandatée par la ministre de la Justice Nicole Belloubet est en cours.

Il faut comprendre comment un acte ayant potentiellement des conséquences graves, eu égard au profil lourd de l’intéressé, a pu se produire.

A expliqué la Chancellerie.

En outre, selon Le Canard enchaîné, le juge d’instruction a été convoqué par sa hiérarchie. Celle-ci lui a demandé, en vain, d’accepter une mutation. Il semble que le débat a été houleux, depuis la présidence de la République jusqu’à celle du tribunal. Interrogée par le journal, la présidence du tribunal de Paris n’a pas souhaité faire de commentaire. Le magistrat n’a pas pour le moment été sanctionné, selon une source proche du dossier.

Un téléphone portable contenant des images de djihadistes armés

Mais l’affaire ne s’arrête pas là. En effet, au mois de mai, alors qu’il était sous contrôle judiciaire, Oualid B. a été interpellé car il se trouvait hors de la zone autorisée. Selon Le Canard enchaîné, il conduisait sans permis et son téléphone portable contenait des images de djihadistes armés et un film de propagande de l’organisation Etat islamique.

Jugé en comparution immédiate à Meaux, en Seine-et-Marne, Oualid B. est ressorti libre du tribunal. De son côté, le parquet avait requis dix mois de détention. Par conséquent, il a fait appel et Oualid B. devrait être rejugé en appel pour ces faits le 13 septembre à Paris.

Au total, ce sont 15 personnes qui sont accusées dans ce dossier antiterroriste, dont un mineur au moment des faits. Ils seront jugés par la cour d’assises des mineurs du 12 au 30 novembre prochains. Cependant, huit d’entre eux sont partis en zone irako-syrienne, parmi lesquels trois des frères Bekhaled. Ils font l’objet d’un mandat d’arrêt.

Un dysfonctionnement grave pour Benjamin Griveaux

À l’occasion du compte-rendu du Conseil des ministres le 22 août, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a jugé que cette libération constituait un « dysfonctionnement grave ». Il a confirmé que la garde des Sceaux Nicole Belloubet avait demandé une enquête interne. Le but étant d’identifier la raison de ce dysfonctionnement grave afin « d’empêcher que cela ne survienne de nouveau ».

Publié le jeudi 23 août 2018 à 10:02, modifications jeudi 23 août 2018 à 9:39

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