Société

Le géant du tabac Philip Morris organise des soirées promotions chez les restaurateurs parisiens

Depuis mercredi 13 mars, de nombreuses soirées de promotion du cigarettier Philip Morris ont eu lieu dans la capitale, selon la Direction générale de la Santé. Une pratique totalement illégale au vu de la loi Évin.

La loi Évin est claire sur le sujet. Entrée en vigueur en 1991, elle stipule qu’il n’est désormais plus possible de  fumer dans les lieux publics ou de faire la publicité du tabac ou de l’alcool. Alors qu’il avait été proposé de la durcir ces jours derniers, concernant la publicité pour les boissons alcoolisées, le président Emmanuel Macron a fait savoir qu’il n’y aurait pas “d’amendement pour durcir la loi Evin” durant son mandat. À la suite de cette déclaration, la marque américaine de blondes Philip Morris, s’est certainement dit qu’elle pouvait contourner la loi.

 Des soirées promotionnelles déguisées

Les journalistes du Parisien ont enquêté sur la nouvelle méthode de la firme pour augmenter ses ventes. Pour pouvoir faire de la publicité pour ses produits, Philip Morris n’hésite pas à rémunérer les restaurateurs ou propriétaires de bars afin qu’ils assurent sa promotion lors de soirées organisées. Les serveurs proposent à chaque client de s’entretenir avec des représentants de la marque qui souhaiteraient leur faire découvrir un nouveau produit. En échange, les gérants ou propriétaires sont rémunérés avec des chèques-cadeaux. Le discours est bien préparé :

Bonjour, on a des gens de Marlboro qui voudraient vous présenter leur cigarette Iqos. Il suffit de payer le filtre 50 centimes d’euros pour essayer le dispositif, de les écouter et on vous offre un verre. Est-ce que ça vous intéresse ?

L’augmentation constante du prix du paquet de cigarettes a fait se rabattre nombre de fumeurs sur les cigarettes électroniques, à défaut d’arrêter. L’entreprise internationale a donc surfé sur la vague et a commercialisé Iquos il y a un an. Cet appareil électronique est destiné à contrer le marché des cigarettes électroniques et à résoudre le problème de la baisse des ventes.

Mais point de saveurs sucrées ou acidulées comme avec une vapoteuse classique. Bien qu’il en ait tout l’air, cet appareil ne protège pas de la nicotine ou du goudron. Un embout à l’arrière permet d’y insérer un stick, qui ressemble à une demi-cigarette avec un filtre. Consommé via Iquos, le tabac chauffe mais ne brûle pas, et serait donc moins nocif, selon Philip Morris.

Cependant, le pneumologue Bertrand Dautzenberg s’est montré très critique face à cette affirmation. Il explique que le tabac est tout de même légèrement brûlé et libère donc du monoxyde carbone.

 

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Le géant du tabac organise également des soirées évènements dans des bars branchés. Réservées aux nouveaux adeptes d’Iqos, elles ont lieu tous les mois, avec apéritif offert. Une promotion à moindre frais effectuée grâce aux nouveaux convertis d’Iqos, qui reçoivent plusieurs SMS de relance dans lesquels on leur affirme que leurs amis sont les bienvenus…

 Une pratique illégale

La Direction générale de la Santé ne cache pas son mécontentement :

C’est totalement illégal. Il s’agit d’un délit avec la complicité du restaurateur ou serveur. Il est double si le verre offert est de l’alcool.

La DGS reconnaît néanmoins ne pas avoir été encore saisie pour ce genre d’infraction mais elle assure “rester vigilante à ces méthodes” :

L’industrie du tabac présente un passif non négligeable en matière de violation de la législation.

Contacté par Le Parisien, Philip Morris déclare “qu’Iqos nécessite des explications sur son fonctionnement” :

Ces dernières sont données par des experts commerciaux spécialisés sur l’appareil électronique.

Mais concernant sa stratégie marketing, le fabricant reste laconique :

Au regard du cadre concurrentiel du secteur, Philip Morris France ne commente pas les détails de la politique commerciale d’Iqos mais réitère le fait que l’entreprise est très attentive au respect du cadre légal français.

Iqos n’est actuellement disponible que dans la capitale mais devrait être commercialisé au niveau régional d’ici l’été.

 

Publié le mardi 13 mars 2018 à 18:31, modifications mardi 13 mars 2018 à 16:40

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