Société

Démantèlement de la jungle de Calais : 42% des 7400 personnes évacuées ont obtenu l’asile

Un an après le démantèlement de la jungle de Calais, l’heure est aujourd’hui au bilan. L’office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii), a établi les premières données chiffrées.

Le 24 octobre 2016, la grande opération de démantèlement de la jungle de Calais lancée par l’Etat provoquait de vives réactions. Plus de 7400 migrants étaient évacués et répartis dans plus de 300 Centres d’accueil et d’orientation (CAO) à travers le pays.

Or, un an plus tard l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii), a publié un premier bilan. 42% des migrants de la jungle ont obtenu l’asile ou une forme de protection subsidiaire.

7% des demandeurs déboutés

Plus d’un tiers des personnes évacuées avait déjà formé une demande d’asile. Tous les autres ont eu la possibilité de le faire, une fois pris en charge dans les CAO. Parmi ceux qui n’ont pas obtenu le statut de réfugié, 46% sont dans l’attente d’une décision définitive de l’Ofpra ou de la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) s’ils ont essuyé un premier refus. Enfin, 7 % des demandeurs ont été déboutés.

Ces migrants étaient à 95 % des hommes, originaires du Soudan pour 60 % d’entre eux. 25% sont Afghans, 5 % Érythréens, 4 % Pakistanais et Éthiopiens.

Lors du démantèlement, près de 2000 migrants ont été reconnus mineurs non accompagnés. Alors que 709 ont fugué avant que leur situation ne soit clarifiée, 515 d’entre eux ont été transférés vers le Royaume-Uni ou l’Irlande. Ce transfert fait suite à un accord conclu avec la Grande-Bretagne. Le reste a été pris en charge dans des centres dédiés.

La question migratoire reste au cœur des discussions

Si de démantèlement de la jungle de Calais a été une solution, elle n’a pas pour autant définitivement réglé la question migratoire à Calais. De fait, les migrants ont recommencé à se regrouper dans la ville dès le printemps 2017. Aujourd’hui, ils sont près de 700 à errer autour de Calais. Or, aucun campement de va être reconstruit promet le gouvernement. Fabien Sudry, le préfet du Nord-Pas-de-Calais, estime que la situation actuelle est sans commune mesure par rapport à l’avant démantèlement.

Nous avons tiré les leçons de l’expérience du campement de la Lande. Le nombre de migrants a très nettement baissé, autour des 500. C’est entre 12 et 15 fois moins que l’année dernière à la même époque.

Explique-t-il.

Cependant, et ce malgré le démantèlement, les intrusions n’ont pas disparu. Il y aurait 750 intrusions dans le port par jour selon le parquet de Boulogne-sur-Mer. Soit à peine quatre fois moins qu’avant le démantèlement.

Publié le mardi 24 octobre 2017 à 13:34, modifications mardi 24 octobre 2017 à 13:20

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