Société

Trop de Français stigmatisent les victimes de viols

C’est une enquête intéressante qui a été réalisée par l’institut Ipsos en collaboration avec l’association Mémoire Traumatique et Victimologie. Les résultats sont surprenants.

En France, 33 plaintes sont déposées et enregistrées chaque jour. Ce chiffre est considérable en sachant que ces chiffres sont une  partie cachée de l’iceberg. Pour la plupart d’entre nous, il est intolérable et inconcevable de penser qu’une femme cherche à se faire violer ? pourtant des stéréotypes sexistes perdurent.

L’enquête Ipsos parue ce mercredi 2 mars a été faite en partenariat avec l’association Traumatique et Victimologie. Elle révèle la mentalité de certains français à propos du viol. Prés de 27% des Français estiment que l’auteur d’un viol est moins responsable si la victime portait une tenue sexy. Dans cette étude, il y est expliqué :

“Nous vivons dans une société où la méconnaissance de la réalité des violences sexuelles, de leur fréquence et de la gravité de leur impact traumatique conduit à les reléguer dans la catégorie ‘faits divers’ alors qu’elles représentent un problème majeur de santé publique, et participe à la non reconnaissance des victimes et à leur abandon sans protection, ni soin”.

Une fellation n’est pas un viol

Cette méconnaissance des violences sexuelles seraient différents si on est un “homme” ou une “femme”. Deux personnes sur trois pensent que les hommes ont une sexualité plus “simple” que les femmes et il est compliqué pour eux de contrôler leur désir. Les femmes, quant à elles sont considérées comme plus “sensibles” que les hommes.

76% des Français(es) pensent que “les femmes ont plus tendance à considérer comme violents des événements que les hommes ne perçoivent pas comme tels”. Les femmes sont vues comme moins rationnelles pour 42% et 25% des personnes interrogées estime qu’elles sont moins sûres de ce qu’elles veulent que les hommes. Ces résultats sont terrifiants. Muriel Salmona, la présidente de l’association explique :

“Cette croyance peut avoir des effets dévastateurs. Donner du crédit à ce type d’assertion revient à considérer que les femmes sont incapables de décider pour elles-mêmes et ont besoin des hommes pour comprendre quels sont leurs vrais désirs. C’est leur dénier la faculté de décider de consentir ou non à un rapport sexuel.”

Ces chiffres alarmants soutiennent que la culture du viol est bien présente dans les mentalités. Pour 19% des personnes interrogées lors de cette enquête, beaucoup pensent que les femmes qui disent “non” à une proposition de relation sexuelle veulent en fait dire “oui”. Ou bien pire encore, 21% estiment que les femmes peuvent prendre du plaisir à être forcées lors d’une relation sexuelle, près d’un tiers des jeunes de 18 à 24 ans approuvent cette idée.

Dans notre société, les victimes sont souvent mises à mal par leur entourage car pour une partie des personnes interrogées, la responsabilité du violeur est amoindrie si la victime a eu une attitude provocante en public (40%) ou si elle portait une tenue sexy (27%). Quatre personnes sur dix (41%) affirment que l’on peut faire “fuir le violeur si l’on se défend vraiment”.

Même si la plupart des Français sont quasiment unanimes sur le fait qu’un viol est un “comportement qui viserait à forcer une personne à avoir un rapport sexuel alors qu’elle le refuse et ne se laisse pas faire”, certains continuent de croire qu’une “fellation ou qu’un acte de pénétration avec le doigt ne sont pas des viols”.

Selon le code pénal, “tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol”. Il reste un long chemin à faire pour faire évoluer les mentalités. Il est grave dans notre société de penser qu’une personne qui s’est faite violer l’a cherché. Il faut que ces comportements sexistes s’arrêtent.

Publié le mercredi 2 mars 2016 à 13:36, modifications dimanche 20 novembre 2016 à 1:25

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