Société

David Thomson, spécialiste du djihadisme a du quitter la France à cause des menaces

David Thomson, l’un des spécialistes les plus reconnus sur le djihadisme se confie dans une interview au Figaro.

C’est l’analyste vers lequel les médias accourent. Ancien correspondant de RFI en Tunisie, lauréat du prix Albert-Londres 2017 et auteur de plusieurs livres remarqués, David Thomson a été forcé de partir vivre aux Etats-Unis. “J’ai quitté la France à cause des menaces” confie-t-il dans une interview au Figaro.

Menacé de mort depuis 2013

Depuis six mois, il a peu ou prou disparu de la circulation. On ignorait ce qu’il était devenu. Il est finalement sorti de son silence pour se confier dans une interview. On y apprend ainsi, qu’il a du partir aux Etats-Unis pour échapper aux menaces de mort qu’il recevait.

Je ne sais pas si l’on peut s’habituer aux menaces de mort. Elles ont commencé début 2013, quand j’étais correspondant en Tunisie pour RFI, à cause du début de l’opération Serval au Mali. Ensuite, chaque année, ma situation sécuritaire s’est dégradée. À partir de l’été 2016, les menaces de mort se sont intensifiées, de plus en plus personnalisées et circonstanciées

Comme une quinzaine d’autres civils français, il est désormais placé sous protection policière. Une quasi obligation face au très sombre tableau qu’il dresse. Ainsi, selon lui, les djihadistes seraient partout ou presque autour de nous.

Durant mon travail en France, j’ai rencontré des djihadistes qui sont chauffeurs de taxi, agents de sécurité et même auxiliaires de police au guichet d’un commissariat. Il m’est arrivé d’en recroiser certains par hasard. La pression en France était devenue trop forte. J’ai donc dû quitter mon pays, pour commencer un nouveau cycle journalistique aux États-Unis

Des limites de la “dé-radicalisation”

Dans le même temps, il se montre très sceptique sur la thématique des “revenants”, djihadistes repentis qui clament vouloir reprendre une vie normale. Pour lui, il est ainsi “impossible de s’assurer du repentir d’un djihadiste”. Ceux qui reviennent seraient certes déçus mais toujours convaincus par le courant djihadiste de l’islam sunnite. Et l’univers carcéral, loin d’être une solution idéale, constituerait au contraire un terreau idéal à sa croissance. Il cite ainsi un revenant qui lui disait “J’ai quitté la Syrie pour fuir Daech, et j’ai retrouvé Daech à Fleury-Mérogis !’

Surtout, il pointe ce qui pourrait être un véritable problème dans les prochaines années pour la France. Selon lui en effet, 50% des détenus qui ont été condamnés pour terrorisme par la justice française seront libérés d’ici 2020. Une opposition entre le monde judiciaire et l’univers djihadiste qui est à l’avantage clair de ce dernier.

Dans le même temps, la Garde des sceaux, Nicole Belloubet lors du «Grand Jury» RTL-LCI-Le Figaro a fait une annonce forte sur le sujet des djihadistes français. Que ferait l’Etat si ses ressortissants sont condamnés à mort en Syrie ou en Irak pour leurs activités ? “L’État français interviendrait, en négociant avec l’État en question, et encore une fois ce serait un traitement au cas par cas” a-t-elle ainsi indiqué. Une question importante surtout au regard du nombre de personnes qui seraient concernées. Selon les déclarations du procureur de la République de Paris, François Molins, 676 Français, dont 295 femmes, se trouveraient encore sur le théâtre irako-syrien aujourd’hui.

Publié le lundi 29 janvier 2018 à 8:49, modifications lundi 29 janvier 2018 à 8:48

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