Société

Ardèche : Une enquête révèle que des fichés S ont eu accès aux centrales nucléaires

Les députés souhaitent réformer la sécurité des centrales nucléaires

ardeche-une-enquete-revele-que-des-fiches-s-ont-eu-acces-aux-centrales-nucleaires

A la suite d’une instruction demandée après l’intrusion de militants Greenpeace dans la centrale nucléaire EDF de Cruas/Meysse en Ardèche, la commission d’enquête parlementaire a rendu publique jeudi 5 juillet son rapport sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires. La sécurité des centrales serait plus poreuse qu’on ne le croit.

C’est une menace qui pourrait s’avérer sérieuse et qui pourtant, jusqu’en novembre 2017, était encore méconnue : celle de la sécurité des centrales nucléaires françaises à l’heure du terrorisme. Peu exploré, le sujet de la sûreté de telles installations ne faisait pas l’objet d’un quelconque débat étant donné que l’importance de ces lieux laisse supposer qu’ils soient convenablement contrôlés et surveillés de près. Toutefois, une enquête demandée par Hervé Saulignac, député PS de la première circonscription de l’Ardèche, où situe la centrale de Cruas/Meysse, a de quoi ébranler nos certitudes.

Les sous-traitants étrangers mal contrôlés

Le Dauphiné Libéré a fait part vendredi 6 juillet des conclusions que met en exergue le rapport de la commission parlementaire, établi à partir de 83 auditions et sept visites de centrales françaises. Et le constat en matière de sécurité peut laisser perplexe, notamment en ce qui concerne le contrôle des agents ayant accès aux sites. Car si le contrôle des sous-traitants français est bien effectué, celui des sous-traitants étrangers serait déplorable :

Les enquêtes sur les agents d’EDF sont bien faites, sur les sous-traitants français, assez bien faites mais sur les sous-traitants étrangers, elles sont très contestables […] À l’évidence, il y a eu des fichés S qui ont eu accès aux centrales via des entreprises sous-traitantes.

A admis Hervé Saulignac.

Un fait commenté par le journal qui rappelle que le taux de sous-traitance dans les centrales nucléaires française avoisine les 80 à 90%.

La centrale était visible depuis Google Map

Un chiffre qui a de quoi inquiéter la population, d’autant plus que le député s’est félicité que désormais, la centrale en question dans laquelle se sont introduits 22 militants Greenpeace en novembre 2017, n’est plus visible des internautes sur Google Map. En effet, jusqu’à lors, chacun pouvait observer le plan de l’usine grâce à une vue aérienne fournie par le fameux outil du moteur de recherche. Désormais, la centrale est « floutée » et ce « depuis 48 heures », certifie Hervé Saulignac. Une mesure qui devrait en rassurer plus d’un.

Un plan pour améliorer la sécurité du nucléaire en France

Face à ces dysfonctionnements, la commission d’enquête parlementaire a anticipé ces résultats plus qu’insatisfaisants en proposant dès jeudi 33 mesures pour renforcer la sécurité des centrales nucléaires dans le pays, à l’étude depuis février 2018. Parmi les mesures préconisées figurent le renforcement du rôle de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), un meilleur contrôle de la sous-traitance qui recommande de « favoriser la réintégration des compétences au sein des entreprises exploitantes », une liste des éventuels réacteurs à démanteler et une modification potentielle du système de stockages des déchets.

La France qui compte à ce jour 19 centrales devrait se défaire de sa dépendance à l’énergie nucléaire dans les prochaines décennies et les travaux publiés par la commission s’inscrivent dans cet objectif. Les députés sont en faveur de la création d’une Délégation parlementaire du nucléaire civil dédiée au secteur, à l’instar de celles qui existent déjà à l’étranger.

Publié le lundi 9 juillet 2018 à 16:53, modifications vendredi 13 juillet 2018 à 11:23

Vous aimerez aussi

Participer:

Proposer une correction Ecrire un article sur le sujet

Suivez-nous:

Discuttez !