Société

Amérique du Sud : Welfarm révèle l’existence de nouvelles “fermes à sang” où les juments sont avortées et saignées

Le procédé impliquant la France avait déjà fait scandale en 2017

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L’association de défense des animaux de ferme Welfarm a révélé ce mercredi 18 juillet, via la diffusion d’une vidéo, l’existence de « fermes à sang » en Amérique du Sud. Des lieux où des juments sont frappées, engrossées et avortées à trois mois et demie de grossesse afin d’être saignées durant leur gestation.

Le phénomène de ces fermes est connu depuis octobre 2017, avec le scandale de l’enquête menée par TBS et AWF. Ces deux associations, suisse et allemande, ont dévoilé l’existence de cette pratique de fécondations et d’avortements en chaîne imposés aux juments dans le but de leur faire produire une hormone commercialisée, que leur organisme ne sécrète que lorsqu’elles sont gestantes.

Des images choquantes

Les images tournées avaient suscité une vague d’indignation, montrant des animaux amaigris et blessés parqués dans des lieux où pourrissent des cadavres. Le sujet indiquait que jusqu’à 10 litres de sang peut leur être prélevé, à raison d’une ou deux ponctions par semaine.

Welfarm explique dans un communiqué :

Le sang des juments gestantes contient en effet une hormone très prisée des laboratoires pharmaceutiques, la gonadotrophine chorionique équine ou eCG […] Cette hormone permet aux éleveurs français de moutons, chèvres et porcs de faire ovuler les femelles sur commande.

Autrement dit, le procédé d’obtention de cette fameuse hormone équine ne serait que la partie émergée de l’iceberg. Puisque son utilisation peut également relever de la maltraitance animale dans le cadre de la surproduction de viande et de produits alimentaires pour l’industrie.

Welfarm se mobilise et lance une nouvelle pétition

Un fait contre lequel compte bien lutter Welfarm, qui a lancé ce mercredi 18 juillet plusieurs supports, dont un site web et une pétition afin d’organiser une mobilisation contre cette maltraitance. L’association invite à faire pression sur les laboratoires qui commercialisent l’hormone en France et réclame la cessation de toute importation d’eCG en provenance d’Amérique du Sud. Pour supplanter cette hormone d’origine animale et encourager acheteurs et vendeurs à l’abandonner, Welfarm préconise entre autres la création d’un substitut synthétique.

La France est un gros importateur

Si cette solution ne réglera pas le problème de la maltraitance animale dans les fermes pour la surproduction et les industriels, elle aurait le mérite de mettre fin aux « fermes à sang ». Malheureusement, comme le rappelait franceinfo mercredi, la France reste friande du produit, avec plus de 5 millions de dollars d’eCG importée de Syntex-Uruguay en 2017, selon les chiffres fournis par l’association.

La viande des juments abattues est consommée dans l’Hexagone

Ce n’est pas la seule implication du pays dans cette chaîne puisque le document de TBS et AWF met en avant le fait qu’après trois à quatre ans de mauvais traitement et d’avortements à répétition, les juments de ces “élevages” argentins et uruguayens sont envoyées dans les abattoirs et leur viande importée et vendue en France :

Au bout de trois à quatre ans, les juments qui ont survécu à ces années de maltraitances, épuisées et stériles partent à l’abattoir pour alimenter le commerce de la viande chevaline, exportée notamment vers la France.

A confié à Libération Adeline Colonat, la chargée de communication éditoriale de Welfarm.

La communicante de l’association a spécifié que 30% de ces juments périrait dans les champs ou à l’abattoir.

Publié le vendredi 20 juillet 2018 à 12:19, modifications vendredi 20 juillet 2018 à 10:40

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