Santé

Etiquetage nutritionnel : le logo Nutri-Score débarque dans les rayons

Dans les étals des supermarchés, chaque aliment se voit désormais attribuer des points en fonction de sa teneur en gras, sucre, sel et de son niveau calorique. Nutri-Score a pour objectif de faire diminuer les maladies chroniques dont l’obésité et le diabète, en France. 

Nutri-Score va progressivement faire irruption pendant le mois d’avril dans les rayons des magasins.

On parle d’établir un système d’étiquetage nutritionnel depuis 2014, pour lutter contre le surpoids, l’obésité et le diabète, mais aussi certains cancers et maladies cardio-vasculaires, fléaux des temps modernes.

Ainsi, prévu par la loi Santé de 2016, cet étiquetage nutritionnel doit permettre de repérer au premier coup d’œil les aliments gras, sucrés ou salés, afin de guider facilement les consommateurs vers des choix alimentaires sains et facteurs de bonne santé.

Après des mois de polémiques alimentées par l’hostilité des industriels de l’agroalimentaire, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a tranché en faveur de ce système d’étiquetage simplifié le 15 mars 2017. A présent, le gouvernement doit prendre les décrets durant ce mois d’avril pour son application.

Comment fonctionne Nutri-Score ?

Le logo retenu, consiste en un système de lettres associées à des couleurs. Elles sont apposées sur la face avant des produits alimentaires pour permettre de comparer simplement leur qualité nutritionnelle. L’échelle de graduation va de A, la meilleure note en vert foncé, à E, la moins bonne note en rouge.

L’objectif de Nutri-Score est de classer simplement les produits en cinq catégories qui prend en compte la présence dans les aliments de l’énergie (alcool, glucides, lipides et protides), des sucres simples, des acides gras saturés et du sel.

On s’en doute, plus ces éléments, mauvais pour la santé en cas de consommation abusive, sont présents dans le produit alimentaire, plus sa note est mauvaise.

La subtilité étant que Nutri-Score contrebalance aussi par des points positifs.

Ainsi, la présence des bons éléments nutritionnels que sont les fruits, légumes, noix fibres ou protéines fait ainsi remonter la note finale du produit.

Par exemple, une pomme au rayon des primeurs de votre supermarché, aura un logo vert foncé.

Quel est l’objectif de Nutri-Score ?

Avec ce logo, la ministre de la Santé veut inciter les Français à acheter moins de produits riches en gras, en sel et en sucre.

Une bonne alimentation est un facteur de bonne santé. Or, il y a 30% d’adultes en surpoids, 15% en obésité.

A rappelé Marisol Touraine en ajoutant que les « familles défavorisées sont les plus touchées ».

De plus, l’étiquetage a été simplifié afin d’améliorer la lisibilité de l’information.

Il y aujourd’hui tellement d’indications sur les produits qu’elles sont trop difficile à analyser. Les résultats des études viennent de montrer que le plus pertinent des logos pour aider à manger sainement est le Nutri-Score.

A assuré la ministre.

Qu’en pensent les industriels et les associations de consommateurs ?

Les industriels de l’agro-alimentaire n’ont pas vraiment semblé convaincu par les résultats du test.

Ainsi, l’Association nationale des industries alimentaires (Ania) s’est appuyée sur les conclusions de lAgence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), rendues publiques le 15 février dernier et qui estimaient :

La pertinence nutritionnelle des systèmes d’information nutritionnelle examinés dans une perspective de santé publique [n’était] pas démontrée.

Concrètement, l’application de Nutri-Score n’est pas encore acquise pour tous les industriels.

Si Fleury-Michon a d’ores et déjà déclaré qu’il intégrerait ce nouveau système sur l’ensemble de ses produits, Pepsi-Cola, Coca-Cola, Mars, Modelez, Unilever et Nestlé (six poids lourds de l’agroalimentaire) ont annoncé qu’ils allaient développer leur propre logo.

Réclamant depuis longtemps un étiquetage nutritionnel simplifié, avec Nutri-Score, les associations de consommateurs se disent satisfaites.

UFC-Que Choisir avait testé l’effet de Nutri-Score sur les consommateurs, sans y voir aucun effet « stigmatisant ».

60 millions de consommateurs avait également approuvé ce système dès 2014, suite à son évaluation, sur une centaine de produits.

D’ailleurs, le magazine avait constaté que certains müeslis, dits « sains », étaient moins bien classés que des céréales fourrées au chocolat.

De même, parmi les desserts, ceux considérés plus nutritionnellement corrects n’étaient pas ceux auxquels on pensait.

Un argument de poids qui vient renforcer l’utilité de Nutri-Score pour les consommateurs.

Un logo obligatoire ?

Ainsi, Marisol Touraine a précisé qu’elle prendrait un arrêté en avril 2017, pour que les industriels puissent apposer ce logo sur les paquets dans les supermarchés.

Par conséquent, Nutri-Score reste facultatif.

En effet, la réglementation européenne ne permet pas de le rendre obligatoire. Toutefois, certains pays ont déjà adopté une telle démarche, à l’instar du Royaume-Uni, en 2013.

Les industriels seront donc libres d’apposer ou non Nutri-Score sur leurs emballages, voire d’utiliser un autre logo s’ils le souhaitent.

Marisol Touraine compte toutefois sur un effet boule de neige d’émulation interne à la profession, sous la pression du marché et des associations de consommateurs qui attendent cet étiquetage depuis des années.

Publié le dimanche 9 avril 2017 à 11:15, modifications mardi 11 avril 2017 à 11:03

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