Politique

Soupçons d’emplois fictifs au Parlement européen : le MoDem de François Bayrou mis en cause

Un ancien assistant parlementaire de Jean-Luc Bennahmias affirme avoir été payé par le Parlement européen alors qu’il travaillait exclusivement pour le MoDem. Une enquête préliminaire pour « abus de confiance et recel de ce délit » a été confiée à l’office anticorruption de la police judiciaire

Le parquet de Paris a annoncé vendredi 9 juin l’ouverture d’une enquête préliminaire. Les enquêteurs vont chercher à savoir si le MoDem, parti de l’actuel garde des Sceaux François Bayrou, a salarié des employés en les faisant passer pour des assistants parlementaires européens.

Ainsi, ouverte à l’avant-veille du premier tour des élections législatives, cette enquête préliminaire pour « abus de confiance et recel de ce délit » a été confiée à l’office anticorruption de la police judiciaire.

En effet, Le Parisien a rapporté dans un article de mercredi 8 juin, que la justice a reçu le témoignage d’un ex-collaborateur du MoDem sur la réalité de son emploi comme assistant parlementaire auprès de l’ancien eurodéputé centriste Jean-Luc Bennahmias.

Ce témoin anonyme aurait fourni des éléments clefs au parquet de : contrat de travail, avenant de détachement, mails échangés avec le directeur financier du MoDem de l’époque…

Ainsi, cet ancien employé a expliqué que la direction du MoDem lui avait fait signer le 2 décembre 2010 un contrat de travail à temps plein. Il devait alors exercer son emploi en qualité de « responsable web et réseaux sociaux ». Mais également, « un avenant de détachement » à ce contrat de travail.

L’objectif étant « d’exercer des fonctions de collaborateur auprès de Jean-Luc Bennahmias ».

L’intéressé a précisé :

avoir été rémunéré entre décembre 2010 et novembre 2011. D’une part par le parti. D’autre part par l’Association pour une Europe citoyenne présidée par Jean-Luc Bennahmias. Alors qu’il soutient n’avoir jamais travaillé pour ce dernier en particulier. Ni pour l’Association pour une Europe citoyenne. Mais uniquement pour le siège du parti.

Une pratique courante au sein du parti

Interrogé par l’AFP, Jean-Luc Bennahmias, qui a quitté le MoDem à l’automne 2013, s’est dit outré par ces déclarations :

Il dit qu’il n’a jamais travaillé pour moi ! Il a dû oublier. »

Pourtant, d’autres témoignages recueillis par la presse semblent indiquer que la pratique ne serait pas isolée au sein du parti centriste.

En effet, selon une enquête révélée par Franceinfo, les emplois fictifs seraient « même courants » au sein du parti de François Bayrou”.

Ainsi, sur la période 2009-2014, le site d’informations a expliqué qu’une dizaine de salariés du siège du MoDem étaient parallèlement collaborateurs des députés européens du parti.

Cependant, cette seconde activité a été contestée par de nombreux collaborateurs.

 Tout salarié qui a travaillé dans ses équipes ces dernières années a été rémunéré par le mouvement. De manière parfaitement transparente

Avait répliqué le parti.

Les soupçons d’emplois fictifs au Parlement européen sont déjà au cœur de deux procédures judiciaires.

Une enquête préliminaire pour abus de confiance, visant 19 eurodéputés de tous bords a été ouverte le 22 mars après le signalement effectué par une eurodéputée du Front national. On y retrouve deux parlementaires du MoDem, dont la ministre Marielle de Sarnez 

Publié le samedi 10 juin 2017 à 10:32, modifications samedi 10 juin 2017 à 10:32

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