Politique

Primaire de la droite : François Fillon va-t-il créer la surprise au premier tour ?

D’après les sondages, François Fillon distance Bruno Le Maire et s’impose comme le troisième homme de la primaire de la droite. Mais cela sera-t-il suffisant pour créer la surprise lors du premier tour de dimanche ?

Alors qu’Alain Juppé se maintient et que Nicolas Sarkozy le menace, François Fillon vient de créer la surprise et met un peu de suspense dans la primaire de la droite à quelques jours du premier tour.

En effet, le dernier sondage Kantar Sofres – OnePoint pour RTL, LCI et Le Figaro, publié lundi 14 novembre, montre un resserrement de l’écart au premier tour entre Alain Juppé et Nicolas Sarkozy. Cependant, la surprise vient de la progression significative de François Fillon.

Primaire de la droite : François Fillon va-t-il créer la surprise au premier tour ?

De plus, un précédent sondage Odoxa paru vendredi 11 novembre, avait déjà montré la progression de 9 points de François Fillon, avec 20 % d’intentions de vote au 1er tour.

Indéniablement, il se passe quelque chose. Les attaques de Nicolas Sarkozy ont fait baisser Alain Juppé et c’est François Fillon qui en profite. L’échec de la campagne de Bruno Le Maire joue aussi en sa faveur.

Analyse Brice Teinturier, directeur général délégué d’Ipsos.

Ainsi, l’ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy peut-il s’imposer comme le troisième homme de cette primaire ? Certes, à la vue des résultats des récents sondages François Fillon fait aujourd’hui figure de sérieux concurrent. Une tendance qui s’était confirmée par le deuxième débat télévisé de la primaire à l’occasion duquel le candidat a marqué des points en étant meilleur que ses adversaires. Plus percutant qu’à son habitude, ses arguments avaient, semblent-il, trouvé de l’écho chez les électeurs.

Pendant les deux duels télévisuels, François Fillon avait saisi l’opportunité de sortir de l’ombre des favoris. Assumant ses fonctions et ses choix difficiles pendant cinq ans à la tête du gouvernement, sous Nicolas Sarkozy, il a su mettre en avant la cohérence de son parcours et de son projet.

Mais plus important, l’ancien Premier ministre s’est aussi gardé d’attaquer ses adversaires. En effet, fin août, il avait fait sa rentrée politique en fanfare contre Nicolas Sarkozy et avait lâché « Qui imagine le général de Gaulle mis en examen ? ». La petite phrase s’était retournée contre lui. L’électorat des Républicains n’avait guère apprécié les règlements de comptes fratricides. Depuis, François Fillon a semble-t-il corrigé le tir.

Lors du dernier débat, François Fillon a laissé les autres s’attaquer et a pris une posture au-dessus de la mêlée, exprimant même sa loyauté à l’égard de Nicolas Sarkozy.

Analyse Brice Teinturier et de justifier :

Il a compris que l’enjeu de ce débat est de parler aux Français et non pas aux autres candidats. Pour les électeurs de la droite conservatrice, il est apparu solide et constant.

Enfin, à quelques jours du premier tour, la publication de ces bons sondages peut accélérer la dynamique dont semble bénéficier François Fillon :

Dans une primaire, la fluidité des voix d’un candidat à l’autre est très forte et les débats télévisés jouent un rôle très important.

Insiste Brice Teinturier.

Mais tous ces arguments sont-ils suffisants pour que François Fillon parvienne à s’imposer face à Alain Juppé ou Nicolas Sarkozy ?

Pour menacer Nicolas Sarkozy, François Fillon devra réussir à le concurrencer sur son propre terrain, ce qu’il n’a toujours pas réussi à faire.

Si Nicolas Sarkozy est régulièrement attaqué sur son quinquennat, indirectement François Fillon, son Premier ministre à l’époque, l’est aussi.

C’est sa principale faiblesse. Il promet une rupture à la Thatcher, mais il a été avec Sarkozy pendant cinq ans. Nicolas Sarkozy ne manque d’ailleurs pas de le rappeler dès qu’il le peut.

Résume Jérôme Fourquet, le directeur du département Opinion de l’Ifop.

Enfin, il reste une inconnue d’importance.

Avec l’élection de Donald Trump, que tous les sondages donnaient perdant, tous les analystes s’accordent à dire qu’il faut prendre les sondages d’opinion pour ce qu’ils sont : une lecture partielle de la situation. Or, dans les enquêtes de la primaire, il y a une donnée que personne ne maîtrise : le corps électoral. Qui peut prédire combien d’électeurs vont se déplacer ? Et pour qui ils vont réellement voter ?

Ainsi, de l’avis général, le scénario le plus probable reste une qualification d’Alain Juppé et de Nicolas Sarkozy avec un François Fillon en embuscade. Le député de Paris serait alors plus que jamais le faiseur de roi de la primaire.

Pour l’heure, si François Fillon veut aller plus loin, il doit convaincre, lors du prochain débat télévisé de ce jeudi 17 novembre, qu’il est celui que la droite veut comme président de la République.

Publié le mardi 15 novembre 2016 à 12:42, modifications dimanche 20 novembre 2016 à 21:49

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