Politique

Emmanuel Macron : Ses premiers pas de chef des Armées au Mali

Déplacement auprès des troupes engagées contre les djihadistes

En se rendant auprès des militaires de l’opération Barkhane basés à Gao, au Mali, Emmanuel Macron veut réaffirmer sa « détermination » à poursuivre l’engagement au Sahel, mais aussi s’inscrire dans une coopération renforcée avec l’Allemagne.

Emmanuel Macron est attendu ce vendredi 19 mai au Mali pour une visite auprès des troupes françaises déployées à Gao, au Mali. Cette base étant la plus importante des forces françaises engagées à l’extérieur.

Il s’agit de son premier déplacement sur un camp militaire depuis son investiture. Il sera accompagné de la ministre des Armées Sylvie Goulard. Mais également de Jean-Yves Le Drian, passé de la Défense aux Affaires étrangères. Et du directeur général de l’Agence française de développement (AFD), Rémy Rioux.

En outre, le président de la République sera accueilli à son arrivée dans la matinée par son homologue malien Ibrahim Boubacar Keïta.

Ensemble, ils auront un entretien sur la lutte contre le terrorisme, le dossier sahélien. Mais aussi le volet politique du dossier et la difficile mise en oeuvre des accords de paix de 2015.

Coopération renforcée avec l’Allemagne

Il s’agit d’un déplacement qui vise à donner une nouvelle dimension à l’engagement de la France. Elle est présente sur place depuis quatre ans pour lutter contre les djihadistes.

Ainsi, moins d’une semaine après son entrée en fonction, le chef de l’État veut non seulement marquer sa « détermination » à poursuivre l’engagement au Sahel, mais aussi l’inscrire dans une coopération renforcée avec l’Allemagne.

Davantage que François Hollande, le nouveau président veut mettre l’accent, selon son entourage, sur la coopération internationale dans la lutte contre le terrorisme, avec les autres pays européens.

De plus, il entend encore compléter l’action militaire par une stratégie d’aide au développement.

Ensuite, le nouveau chef des armées devrait aussi s’adresser aux 1.600 soldats déployés sur la base de Gao dans le cadre de l’opération Barkhane.

Emmanuel Macron pourra ainsi prendre connaissance des conditions de vie difficiles de ces hommes et de ces femmes sur cette zone particulièrement difficile.

De nombreuses zones encore aux prises des djihadistes. 

Le Nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaïda.

S’ils ont été en grande partie chassés par une intervention militaire internationale lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France, des zones entières échappent toujours au contrôle des forces maliennes, françaises et de l’ONU.

Elles sont régulièrement visées par des attaques, malgré la signature en mai-juin 2015 d’un accord de paix. Celui-ci était censé isoler définitivement les djihadistes.

Ainsi, 17 militaires français ont été tués au Mali depuis l’intervention Serval en janvier 2013. En août 2014 l’opération Barkhane lui avait succédé.

Du nom des dunes en croissant allongé, formées par le vent qui fait rouler les grains de sable, cette mission mobilise un contingent de 4.000 soldats.

Comprenant cinq pays du Sahel (Mali, Burkina-Faso, Mauritanie, Niger et Tchad), l’opération Barkhane vise à déstabiliser l’organisation de Mokhtar Belmokhtar. Ce dernier étant un cadre d’Aqmi dont la tête est mise à prix cinq millions de dollars par la CIA.

Publié le vendredi 19 mai 2017 à 13:06, modifications vendredi 19 mai 2017 à 12:41

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