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Paris Black Pride : l’association LGBT dans la tourmente

La Paris Black Pride est une jeune association LGBT. Son rôle est de donner de la visibilité aux LGBT noir.e.s. Mais aussi de faire entendre la spécificité des discriminations subies par ces populations, afin de mieux les combattre. Aujourd’hui, la Paris Black Pride est accusée par certains de ceux qu’elle est censée défendre.

Les accusations portées contre la Paris Black Pride (PBP) ont d’abord pris la forme d’un billet partagé sur Facebook.

La Paris Black Pride et son président accusés de ne pas payer les artistes…

Cela fait maintenant deux mois que nous courrons après le président de La Paris black Pride pour être rémunérés. Josue…

Publiée par Farah Haddad Medarbi sur Vendredi 27 juillet 2018

En effet, le 27 Juillet, une internaute du nom de Farah Haddad Medarbi postait une lettre tapuscrite sur Facebook. En accord avec l’artiste Josue Comoe, elle relatait la mésaventure de ce dernier avec la structure LGBT. Selon les propos de Josue Comoe, l’association, par l’intermédiaire de son président, lui aurait commandé un travail pictural.

Création originale censée tenir lieu de visuel pour une campagne d’évènements organisés par la Paris Black Pride. Alors que l’artiste dit avoir livré son oeuvre en temps et heure,  il ne recevra rien comme compensation financière. Et ce, malgré la possession d’un contrat engageant les deux parties.

Aussi, au bout de deux mois de multiples relances et de promesses non tenues de son interlocuteur, Josue Comoe a fait le choix d’exposer publiquement son commanditaire. Car il y a urgence pour ce plasticien qui reconnait être dans la précarité, tout en soulignant le fait qu’il s’agisse aussi de principe.

Dans la foulée de cette révélation, Estelle Prudent, une autre artiste, photographe engagée, publiait un post contant une désillusion similaire. De fait, elle aussi incriminait la Paris Black Pride et son président.

Le Mythe…Je tiens à rappeler avec ce poste deux trois petites choses.Il y a un peu plus d'un an je lâchais un…

Publiée par Estelle Prudent sur Vendredi 27 juillet 2018

…Mais aussi, de s’approprier les productions intellectuelles d’autrui…

Dès lors, d’autres organisations et particuliers du réseau des militants intersectionnels ont reconnu, eux aussi, avoir été floués.

Suite aux déclarations des artistes Josué Comoe et Prudent Estelle : Depuis maintenant 2 ans, et ce à plusieurs…

Publiée par Qitoko sur Samedi 28 juillet 2018

Qitoko est un collectif dont le but est “de pourvoir des espaces d’expression aux LGBTQIAP+ subissant du racisme et de l’islamophobie, pour sortir de l’exclusion sociale, se politiser et émanciper nos voix“.

À travers sa page officielle, ce groupe dénonçait, en pointant la Paris Black Pride du doigt, une longue série d’emprunts d’argumentaires non crédités. De même qu’une liste de comportements inappropriés de la structure et son dirigeant.

En réponse au témoignage d’Estelle Prudent, Carlos Desaules raconte sa version de la genèse de Paris Black Pride / Crédits © Facebook

Enfin, il y a l’intervention de Carlos Desaules. Il est une figure parisienne de l’évènementiel ciblant les cultures afrodescendantes. Dans sa contribution, il ira jusqu’à sous-entendre que la création de la PBP repose sur une récupération éhontée du concept d’autrui.

Lundi 30 juillet, notre équipe a sollicité, séparément, la Paris Black Pride ainsi que son président. Afin qu’ils donnent leur sentiment et leur version, au sujet de tout ce qui leur est reproché. De son côté, la structure a décliné tout commentaire. Pour ce qui est de son chef, il ne semble pas, pour le moment, être au fait de nos tentatives de le joindre.

Publié le mardi 31 juillet 2018 à 14:38, modifications mercredi 1 août 2018 à 22:55

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