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Zara : Des employés turcs cachent des messages dans les vêtements pour réclamer leur salaire

L’une des usines qui fabriquent les vêtements de Zara a brutalement fermé. Elle a laissé 140 ouvriers avec trois mois de salaire impayés. Ceux-ci ont trouvé un moyen original pour réclamer leur dû.

L’un des sous-traitants turcs du groupe espagnol Inditex, l’un des plus grands fabricants de vêtements au monde, dont la marque phare est Zara, n’a pas payé ses ouvriers.

En effet, selon Associated Press ce lundi 6 novembre, des ouvriers du textile travaillant pour l’entreprise turque Bravo Tekstil ont déposé ces messages de désespoir dans les poches des vêtements pour alerter sur leurs conditions de travail.

S’il vous plaît, dites à Zara de nous payer

Ainsi, les employés sont entrés discrètement dans une boutique Zara d’Istanbul, en Turquie. Ils ont glissé dans les poches des vêtements et des sacs à main des petits mots, tels des appels au secours.

En effet, les ouvriers expliquent que leur entreprise, qui a fait faillite du jour au lendemain, leur doit trois mois de salaire.

J’ai fabriqué l’article que vous allez acheter mais je n’ai pas été payé. Nous n’avons reçu ni nos trois derniers mois de salaires ni notre prime d’ancienneté. L’usine a été fermée en l’espace d’une nuit. S’il vous plaît, dites à Zara de nous payer.

Peut-on lire sur l’un d’eux.

En outre, selon une information de Libération, le 26 juillet 2016, le sous-traitant Bravo Tekstil a fermé subitement. Les machines ont été déménagées et 140 employés se sont retrouvés face à une porte close et une entreprise vide. Ils ont donc interpellé les marques européennes pour lesquelles ils travaillaient et qui ont reconnu leur responsabilité. Toutefois, elles ne leur ont donné que le quart de ce qu’ils réclamaient.

Des conditions de travail dégradées

Pourtant, depuis l’effondrement du Rana Plaza au Bangladesh en avril 2013, faisant 1.135 morts, des accords de moralisation du secteur avaient été signés avec les principales marques occidentales. Les grandes marques à la renommée internationale, et à qui revient une grande partie des bénéfices des ventes de vêtements, avaient promis de s’assurer que les produits vendus étaient réalisés dans des conditions équitables.

Cependant, en Turquie, les syndicats certifient que les principaux groupes européens ne respectent pas leurs engagements. A l’inverse, ils augmentent même les cadences tout en cherchant à diminuer les coûts de production.

En outre, en 2016, une enquête, visible sur le site de la BBC, avait révélé que des sous-traitants embauchaient des réfugiés syriens, dont pléthores de mineures. Et toujours avec des contrats illégaux aux salaires largement inférieurs aux minimums légaux. Ainsi, le sort de ces ouvriers du textile a déjà beaucoup fait réagir. A ce jour, 70.000 personnes ont déjà signé la pétition sur change.org. Celle-ci appelle notamment Zara et Bravo Tekstil à rémunérer les salariés malheureux. De plus, les entreprises Next et Mango sont également interpellées puisque les 140 ouvriers à l’origine de la pétition affirment également les fournir en produits textiles.

Zara a rempli ses obligations contractuelles

À la suite de la publication de ces SOS des salariés, le groupe Inditex a déclaré par la voix de son attaché de presse :

Nous avons payé toutes nos obligations contractuelles à la société Bravo Tekstil. Il se trouve que le propriétaire de cette usine a disparu soudainement. Laissant ses salariés à la porte.

Par ailleurs, le groupe a précisé :

À ce jour, la fédération syndicale internationale IndustriALL est en train de négocier avec son organisation locale en Turquie. Dans le but de trouver un accord. Ce fonds couvrirait des salaires non rémunérés. Des indemnités compensatoires. Des congés inutilisés et des indemnités de licenciement des travailleurs.

Publié le mercredi 8 novembre 2017 à 16:34, modifications mercredi 8 novembre 2017 à 11:52

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