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Rodrigo Duterte : La nouvelle déclaration choc du président philippin

Le président philippin Rodrigo Duterte s’est retrouvé à de nombreuses reprises dans les médias pour ses phrases choc et ses déclarations provocantes depuis son accession au pouvoir en juin 2016. Au-delà des paroles, sa décision d’utiliser la violence pour combattre le trafic de drogue et lutter contre la criminalité rampante dans son pays a choqué la communauté internationale, des personnalités politiques et de nombreux citoyens du monde entier. Il a d’ailleurs été affublé du surnom « Duterte Harry », en référence au personnage d’inspecteur de police ultra-violent et impitoyable avec les criminels, Dirty Harry, incarné à l’écran par Clint Eastwood.

Le chef de l’Etat philippin Rodrigo Duterte vient de défrayer la chronique une nouvelle fois. Il a en effet révélé cette semaine qu’il avait lui-même procédé à des exécutions sommaires de criminels par le passé. Cette information, qui fait froid dans le dos, concerne des faits qui remontent à l’époque durant laquelle Rodrigo Duterte était encore maire de Davao dans les années 2000. Il était alors déjà engagé dans une croisade infernale contre le trafic de drogue. Il souhaitait par ce geste effroyable montrer l’exemple aux policiers de sa ville.

Les propos glaçants du dirigeant philippin Rodrigo Duterte

Ces déclarations terrifiantes, rapportées par Le Figaro, auraient été prononcées par Rodrigo Duterte, le soir du lundi 12 décembre, dans l’enceinte du palais présidentiel. Le chef d’Etat aurait évoqué ces souvenirs douloureux avec des hommes d’affaires venus lui rendre visite. Ce passé trouble, à l’époque de son mandat à Davao, dans le sud de l’archipel, a été évoqué à la suite d’une allusion à sa campagne, tant décriée à l’étranger, qui est menée actuellement contre le trafic de drogue et la criminalité dans le pays. La rédaction du Figaro rapporte la conversation ubuesque et surréaliste du président Duterte sur son passé violent, auprès des hommes d’affaires :

À Davao, je le faisais personnellement, juste pour montrer aux gars [de la police] que si je peux le faire, pourquoi ne pourraient-ils pas le faire. J’allais dans Davao avec une moto et je patrouillais dans les rues, à la recherche de problèmes. Je cherchais vraiment l’affrontement pour pouvoir tuer.

La guerre ouverte du président phillipin contre le crime organisé et le trafic de drogue

La violence utilisée par le passé par Duterte se répercute dans sa politique de lutte contre les criminels et le trafic de drogue depuis son arrivée au pouvoir à la plus haute fonction en juin 2016. Le fait d’abattre froidement un criminel, un consommateur ou un trafiquant de drogue est encouragé. Cette tolérance zéro est la marque de fabrique tristement célèbre du dirigeant philippin. En conséquence, une vague de violence sans précédent s’est donc étendue à travers le pays cette année.

Le jour de son investiture le président Duterte avait ainsi mis en garde les criminels dans une phrase surréaliste pour un chef d’état :

Je dois massacrer ces idiots qui détruisent mon pays.

Les Etats-Unis et les défenseurs des droits de l’Homme accusent l’homme politique philippin d’avoir même été à la tête d’escadrons de la mort. Les autorités indépendantes, toujours d’après des informations du Figaro, auraient ainsi dénombré près de 1 000 victimes dont des enfants durant son mandat à Davao. Duterte ne semble pas se préoccuper de la communauté internationale. Il a même tenu récemment des positions hostiles et menaçantes à l’encontre des associations de défenses des droits de l’Homme :

Elles disent que je tue. Si je dis “OK, j’arrête”, les [toxicomanes] vont se multiplier. Quand viendra le temps de lutter à nouveau, il y aura encore plus de [toxicomanes] à tuer. Je vous inclurai parmi eux parce que vous les avez laissés se multiplier.

Un président qui a bâti son succès sur son expérience d’élu de terrain à Davao

Rodrigo Duterte est âgé de 71 ans. Son père Vicente G. Duterte a mené une carrière d’homme politique également. Rodrigo a occupé la fonction de procureur avant d’embrasser une carrière dans la vie politique aux Philippines. Il est ainsi membre du parti démocratique philippin. Duterte a donc remporté l’élection présidentielle en mai 2016 avec près de 16 millions de voix. Il était opposé à Mar Roxas du parti libéral, Grace Poe, une candidate indépendante, Jejomar Binay, membre de l’alliance nationaliste unie mais également à Miriam Defensor Santiago du parti de la réforme populaire. Rodrgio Duterte a succédé à Begnino Aquino III en accédant au pouvoir le 30 juin dernier.

Duterte avait auparavant été maire de Davao pendant près de vingt ans. Il avait accédé au poste de vice-maire de Davao en 1986, après la révolution de février, la même année, provoquant à la chute du dictateur Ferdinand Marcos. Rodrigo Duterte a été élu officiellement maire de Davao en 1988. Sa fille l’a d’ailleurs récemment remplacé à ce poste sur une courte période entre 2010 et 2013.

Après son triomphe à la présidentielle de mai 2016, il a donc appliqué une promesse de campagne glaçante. Cet engagement ne concernait donc pas l’économie, ni une mesure sociale ou un nombre précis d’emplois à créer. Le chef d’Etat philippin avait annoncé sa volonté d’étendre à l’ensemble du pays sa politique de répression implacable menée contre la criminalité organisée dans la ville de Davao. Il a affirmé que 100 000 criminels seraient abattus. Il a, par ailleurs, ajouté un détail sordide. Les cadavres des délinquants serviraient ainsi à engraisser les poissons de la baie de Manille.

Tolérance zéro contre les criminels et le trafic de drogue : chroniques de la violence ordinaire aux Philippines

Les chiffres communiqués par Le Figaro sur le premier bilan en quelques mois de cette politique mortifère et inhumaine sont désastreux. En l’espace de cinq mois, la police a indiqué avoir tué 2 086 personnes dans le cadre d’opérations anti-drogue. 3 000 individus supplémentaires auraient été tués également mais dans des circonstances troubles.

Des escouades d’hommes armés tentent d’éradiquer la criminalité dans les bidonvilles du pays. Les conséquences de ces raids et de ces opérations de police sont désastreuses. Ils ont donc l’autorisation d’abattre et d’éliminer toute personne suspectée d’être liée de près ou de loin à une activité criminelle. Les expéditions punitives ultra-violentes visent les délinquants, les violeurs, les trafiquants de drogues et les toxicomanes.

De nombreux sondages ont été réalisés au sujet de cette politique de tolérance zéro. Les résultats démontrent le soutien de la population des Philippines envers leur dirigeant dans son combat contre la drogue et la criminalité. L’objectif est d’éviter, pour le bien du pays, de sombrer dans le narcotrafic. La méthode expéditive et ultra-violente du président Rodrigo Duterte ne semble pas prête de s’arrêter visiblement.

Rodrigo Duterte : le roi de la provocation ?

Le dirigeant philippin ne recule devant aucun outrage. Il est d’ailleurs resté tristement célèbre pour ses insultes extrêmement explicites et violentes à l’encontre du président américain Barack Obama. L’ancien maire de Davao, dans sa soif d’éradication des criminels, est même allé jusqu’à se comparer à Hitler.

La communauté internationale semble donc totalement impassible et impuissante face à cette situation choquante sur le plan des droits de l’Homme. Reste à savoir si le leader philippin médite à ses heures perdues. La citation biblique issue de l’Evangile selon Saint-Matthieu (26-52) pourrait le convaincre de revenir sur sa politique de répression. Cette sentence philosophique est résumée de nos jours par l’expression « celui qui vit par les armes, périra par les armes » :

tous ceux qui prennent l’épée périront par l’épée.

Espérons que le président Duterte mette un terme dans les mois qui viennent à ce cycle de violence et d’assassinats. Le peuple philippin est en deuil et compte ses morts depuis de trop nombreux mois.

 

Publié le vendredi 16 décembre 2016 à 8:55, modifications vendredi 16 décembre 2016 à 8:55

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