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Présidentielle en Iran : Les Iraniens à l’heure du choix

L’élection présidentielle en Iran a débuté ce vendredi. Elle voit s’affronter le président modéré Hassan Rohani et le conservateur Ebrahim Raissi.

Plus de 56 millions d’Iraniens sont attendus vendredi 19 mai pour élire le prochain président de la République islamique en Iran, pour un mandat de quatre ans.

Ainsi, ils vont décider s’ils accordent ou non un second mandat à l’actuel président modéré Hassan Rohani.

Six candidatures retenues, aucune femme

Quelque 1.636 candidats, dont 137 femmes, s’étaient inscrits pour concourir lors de cette élection.

La Constitution d’Iran exige que le président soit un « chiite pieux ». Une même personnalité ne peut faire que deux mandats consécutifs.

Or, après le filtrage de près de 99 % des candidats par le puissant Conseil des gardiens de la Constitution, un organe chargé de vérifier la compatibilité des candidats avec la Constitution islamique, six candidats avaient été retenus.

À la suite du désistement de deux candidats, il n’en reste donc plus que quatre.

Comme lors des précédentes présidentielles, le Conseil n’a approuvé la candidature d’aucune des plus de 130 femmes qui s’étaient inscrites.

Si ce ne sont que quatre candidats qui se présentent, cette présidentielle est en réalité un face-à-face. D’un côté, Hassan Rohani, 68 ans, l’actuel président d’Iran et de l’autre, le conservateur Ebrahim Raissi.

Un duel entre deux visions du pays

Religieux modéré, le président iranien sortant a réussi à sortir son pays de l’isolement international.

Celui qu’on surnomme le « cheikh diplomate » restera comme celui qui a mené à bien en 2015, la conclusion d’un accord historique avec les grandes puissances sur le programme nucléaire iranien.

Pourtant, si l’Iran a bel et bien entamé son retour sur le devant de la scène internationale, Hassan Rohani a eu du mal à concrétiser sa relance de l’économie iranienne, sa principale promesse de campagne en 2013.

Sur les 50 milliards de dollars d’investissements étrangers par an promis, seuls un à deux milliards ont effectivement été réalisés depuis l’entrée en vigueur de l’accord, en janvier 2016.

En outre, le chômage touche toujours près de 12,5 % de la population active, dont 27 % chez les jeunes.

Néanmoins, Hassan Rohani dispose d’une majorité de partisans en Iran, notamment dans les grandes villes.

Cependant, face au président sortant se dresse un redoutable adversaire, relativement peu connu des Iraniens il y a encore un an.

Le conservateur Ebrahim Raïssi, religieux de 56 ans, possède à son actif près de 36 ans d’expérience au cœur du pouvoir judiciaire du pays.

À ce titre, ce Seyyed (descendant du Prophète) n’entend pas remettre en cause l’accord sur le nucléaire iranien. Toutefois, il pointe le manque de résultats sur la vie quotidienne des Iraniens, notamment les plus défavorisés qu’il affirme vouloir défendre.

Usant à l’envi de slogans populistes, le candidat, soutenu par l’appareil d’État, accuse le président sortant de n’avoir agi que pour « l’oligarchie ». De plus, il appelle à une « économie de résistance » axée sur la production nationale.

En bref, c’est le candidat, dont les positions sont les plus en phase avec celles du Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, véritable chef d’État iranien, nommé à vie.

Quels sont les enjeux ?

Quelque soit l’issue du scrutin, cette élection ne va pas entraîner de changement politique fondamental.

En effet, les décisions stratégiques du pays restent entre les mains du Guide suprême. Ainsi que du Conseil suprême de sécurité nationale qu’il chapeaute.

Pourtant, l’ombre des élections de juin 2009 plane toujours sur les scrutins présidentiels en Iran. Il y a huit ans, la réélection contestée de Mahmoud Ahmadinejad avait entraîné de nombreuses manifestations dans le pays. Elles avaient été sévèrement réprimées, et avaient provoqué la pire crise de l’histoire de la République islamique.

Or, les Iraniens, malgré l’isolationnisme affiché par le régime, sont très inscrits dans la mondialisation et sont hyper connectés.

Ainsi, un brusque retour en arrière remettrait à dos une très large majorité de la population, largement opposée aux conservateurs.

Publié le vendredi 19 mai 2017 à 12:16, modifications vendredi 19 mai 2017 à 11:49

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