Londres : le harcèlement et le sexisme lors d’un dîner de charité réservé aux hommes fait scandale

Le Presidents Club, un dîner de charité exclusif à Londres fait polémique après que deux journalistes du Financial Times s'y soient infiltrées.

Depuis 33 ans, le Presidents Club est un dîner de charité incontournable à Londres. Uniquement réservé aux hommes, il rassemblait plus de 600 invités cette année. Deux journalistes du Financial Times se sont infiltrés dans l’événement parmi les 130 hôtesses chargées de l’accompagnement. Le portrait qu’elles dressent de cette soirée, glace le sang.

Au cours de ces six heures, de très nombreuses hôtesses ont été touchées contre leur gré, et reçu des commentaires grossiers ainsi que des invitations répétées à aller dîner dans des chambres privées du Dorchester

Dress-code imposé pour les hôtesses

Si pour un événement de ce genre, on imagine que le costume cravate était la norme pour les hommes, les femmes avaient elles aussi un dress-code à respecter mais d’un genre très particulier. Robe noire, sous-vêtements assortis et talons hauts étaient en effet obligatoires.

L’histoire racontée par les journalistes du New York Times ressemble à un défilé de pratiques violentes et sexistes. On trouve ainsi pèle-mêle :

  • Une hôtesse qui raconte qu’un des invités lui a montré son pénis
  • Un homme de 70 ans qui demande à une hôtesse de 19 ans si elle est prostituée et lui fait des avances
  • Des mains glissées sous la jupe ou la robe et plus généralement sur l’ensemble du corps

Une nuit dans un strip-club à gagner

Le tout alors que la brochure d’invitation expliquait spécifiquement aux invités qu’il ne fallait pas harceler sexuellement les hôtesses. Le fait même qu’un tel rappel soit nécessaire est sans doute préoccupant de base. Mais, dans le contexte actuel, notamment avec l’affaire Weinstein démontre aussi son importance, c’est d’ailleurs ce qui avait poussé les deux journalistes à enquêter sur le sujet. Elles racontent que pendant le recrutement, les hôtesses étaient averties que certains invités pourraient être “ennuyeux”. Ou encore qu’il faudrait mieux mentir à leurs conjoints sur la nature de l’événement.

A noter que l’événement mettait de nombreux “lots” aux enchères dans le cadre de l’opération de charité. Parmi ceux-ci, un très classique repas avec le ministre des Affaires étrangères Boris Johnson. Plus problématique, une nuit dans un strip-club de Soho ou une chirurgie esthétique pour “épicer votre femme”. Bref, le chemin à parcourir semble encore long.

Modifié : 25 janvier 2018 12 h 19 min

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