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Julian Assange : Son procès pour viol en Suède classé sans suite, quel avenir pour le fondateur de WikiLeaks ?

À Londres, Julian Assange est réfugié dans l’ambassade équatorienne depuis 2012. Le fondateur de WikiLeaks a appris ce vendredi 19 mai que la Suède renonçait à le poursuivre pour viol. Quels choix s’offrent à lui ?

La saga de WikiLeaks et de son fondateur, Julian Assange, vient de vivre un épilogue étonnant.

En effet, ce vendredi 19 mai et après des années de procédure le parquet suédois a annoncé le classement sans suite de l’enquête pour viol à l’encontre du co-fondateur de WikiLeaks.

Enquête ouverte en 2010 après des plaintes pour viol en Suède

Ouverte en 2010 pour des soupçons d’agressions sexuelles sur deux jeunes femmes, cette procédure avait entraîné l’émission d’un mandat d’arrêt européen à l’encontre de l’Australien.

Toutes les possibilités de faire avancer l’enquête ont été épuisées. Et il n’apparaît plus proportionné de maintenir la demande de placement en détention provisoire par défaut de Julian Assange. Ni de mandat d’arrêt européen.

A fait valoir la procureure Marianne Ny.

Elle a cependant précisé face aux journalistes que cette décision n’attestait pas de son innocence. L’instruction suédoise, notamment retardée par le refus de Julian Assange d’être entendu en Suède, aura duré près de sept ans.

En outre, la plainte d’une autre jeune Suédoise pour une agression sexuelle à la même époque à Stockholm a été frappée par la prescription en 2015.

Ainsi, il ne reste plus de charges à l’encontre de l’Australien de 45 ans. Pourtant, l’affaire pourrait être rouverte si Julian Assange reposait le pied sur le territoire suédois d’ici à 2020. Date à laquelle les faits dont il est accusé seront prescrits.

Génie persécuté pour les uns, manipulateur paranoïaque pour les autres, le fondateur de WikiLeaks a toujours récusé les accusations de viol.

Le hacker a notamment accusé la justice suédoise d’agir pour le compte des Etats-Unis. Il a prétendu qu’il s’agissait d’accusations montées de toutes pièces un dossier pour aboutir à son extradition vers les Etats-Unis.

La justice suédoise avait lancé une procédure d’extradition contre Julian Assange, que ce dernier avait contestée en vain devant les tribunaux britanniques. L’Equateur lui a alors accordé in extremis, en 2012, l’asile politique.

Quelles sont ses options ?

Pourtant, l’abandon des charges ne signifie pas la fin de ses ennuis judiciaires.

Ainsi, la police britannique a fait savoir ce vendredi qu’elle serait obligée d’arrêter Julian Assange s’il sortait de l’ambassade d’Equateur.

Car, en se rendant dans l’ambassade d’Equateur et en se soustrayant à la police britannique, le co-fondateur de WikiLeaks avait violé en 2012 les conditions de sa liberté sous caution au Royaume-Uni. Pour cela, il risque une peine allant de la simple amende jusqu’à un an de prison.

Pourtant, une menace plus grande pèse sur Julian Assange.

En effet, aux Etats-Unis, l’homme risque d’être poursuivi pour la publication de documents militaires et diplomatiques confidentiels.

Par ailleurs l’administration Trump avait réaffirmé en avril que son arrestation était une « priorité ». The New-York Post, citant des responsables américains, avait même fait état de rapports indiquant que Washington était en train d’établir des chefs d’inculpation en vue d’une arrestation.

Ainsi, face à ces menaces et aux nombreuses incertitudes juridiques, Julian Assange pourrait décider qu’il est plus prudent de rester à l’ambassade d’Equateur.

Il fêterait alors le 19 juin ses cinq ans de réclusion dans l’immeuble de briques rouges situé dans le quartier chic de Knightsbridge. En face du magasin de luxe Harrods.

Autre option, Julian Assange pourrait trouver refuge dans un pays tiers.

Juan Franco, l’un des nombreux représentants légaux de Julian Assange à travers le monde, a ainsi appelé le nouveau président français Emmanuel Macron à accueillir l’ex-hacker australien.

En 2015, il avait déjà demandé l’asile politique à plusieurs pays, notamment à la France.

A l’époque, François Hollande avait refusé, évoquant :

La situation de M. Assange ne présente pas de danger immédiat. Il fait en outre l’objet d’un mandat d’arrêt européen.

Sa demande aboutira-t-elle avec la nouvelle présidence ?

Publié le samedi 20 mai 2017 à 8:36, modifications samedi 20 mai 2017 à 8:36

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