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Inde : Un brouillard toxique a asphyxié New Delhi

A l’issue de la fête hindoue de Diwali qui s’est terminée sous de très nombreuses explosions de feux d’artifice, New Delhi s’est voilée d’un brouillard toxique.

New Delhi étouffait ce lundi 31 octobre sou un brouillard toxique au lendemain de la grande fête hindoue de Diwali, où il est de coutume de faire exploser pétards et feux d’artifice.

Pour les 900 millions d’hindous dans le monde, dont l’immense majorité vit en Inde, Diwali (également appelée Deepavali) est la fête religieuse la plus importante de l’année. Elle marque le retour du dieu Rama dans la ville d’Ayodhya et ainsi la victoire de la lumière sur les ténèbres. L’usage consiste donc à allumer des lampes à huile ou encore des pétards à cette occasion.

Ainsi, à New Delhi la nuit a été rythmée par les détonations et les pétarades festives.

Pourtant, les habitants de la capitale indienne se sont réveillés sous une épaisse fumée, conséquence directe des multiples feux d’artifice, qui enveloppait la ville, masquant le paysage et s’insinuant dans les foyers ainsi que dans les tunnels du métro.

Pour la première fois, la limite record de 1.000 microgrammes de particules fines par mètre cube d’air a été dépassée dans un quartier au sud de Delhi, c’est –à-dire dix fois les seuils recommandés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

En effet, Gufran Beig, un des scientifiques de l’institut de prévision et de recherche de la qualité de l’air (SAFAR), a indiqué que les aiguilles de leurs capteurs avaient brièvement dépassé la barre des 1.000 dans le quartier de RK Puram peu après minuit, lors du bouquet final de millions de pétards et feux d’artifice.

Bien que les concentrations de particules fines se soient dispersées au cours de la nuit, elles restaient en milieu de matinée au-delà de 700 microgrammes par mètre cube dans plusieurs quartiers de la capitale.

Presque 60-70% de la fumée vient des pétards.

A expliqué Gufran Beig, indiquant que cette situation était prévisible puisque Diwali, la fête des lumières, est réputée pour être l’une des périodes les plus polluées de l’année.

Cependant, la qualité de l’air de New Delhi s’est constamment dégradée ces dernières années, conséquence d’une urbanisation rapide et des fortes émissions industrielles.

Par conséquent, cela crée de sérieux problèmes environnementaux, surtout dans la capitale : New Delhi a été qualifiée en 2012 par l’OMS comme la ville la plus polluée du monde, particulièrement en période hivernale.

En effet, en hiver, la situation s’aggrave par les feux allumés par les habitants de la ville et de la région environnante pour se réchauffer. L’année dernière, des juges avaient comparé l’atmosphère de la capitale indienne à une « chambre à gaz » pour sensibiliser les autorités sanitaires et les inciter à agir.

L’air vicié pose un risque sérieux de problèmes respiratoires pour les personnes vivant à Delhi, ont prévenu les autorités, conseillant aux habitants d’éviter les activités physiques en extérieur.

A une semaine de la conférence de l’ONU sur le climat qui doit se tenir à Marrakech au Maroc, l’Unicef a publié un rapport alarmant sur les dangers de la pollution atmosphérique notamment pour la santé des enfants.

Il en ressort qu’un enfant sur sept dans le monde, soit 300 millions, est exposé à un air toxique qui dépasse jusqu’à six fois les normes internationales. Ainsi, le plus important contingent d’enfants à risque est situé en Asie du Sud.

Publié le mardi 1 novembre 2016 à 10:52, modifications mardi 1 novembre 2016 à 9:20

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