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Etats-Unis : Un rassemblement de l’extrême droite tourne au drame à Charlottesville

Des échauffourées entre des partisans de l’extrême droite américaine et des contre-manifestants ont fait un mort et une vingtaine de blessés à Charlottesville, aux États-Unis.

STORY - Episode 2/6

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Samedi 12 août, la petite ville de Charlottesville dans l’État de Virginie aux États-Unis, a été le théâtre de violences.

En effet, une femme de 32 ans a été tuée après qu’une voiture ait foncé dans une foule de contre-manifestants, venus s’opposer à un rassemblement unitaire de la droite radicale américaine.

D’un côté, se trouvaient des centaines de manifestants d’extrême droite. Poings levés, faisant parfois des saluts nazis et arborant le drapeau des États confédérés, considéré comme un symbole raciste par la majorité des Américains. Face à eux, des contre-manifestants bien décidés à s’opposer à ces défilés professant ouvertement la suprématie de la race blanche.

La statue du chef des armées confédérées à l’origine du rassemblement

L’extrême droite nationaliste avait décidé de se mobiliser ce samedi pour protester contre le projet de Charlottesville de démonter une statue du général Lee.

En effet, une représentation du chef des armées confédérées pendant la guerre de Sécession (1861-1865) et favorable à l’esclavage se trouve dans un parc de la ville. Or, un débat sur son déboulonnement avait éclaté il y a un an et demi, lorsqu’un étudiant afro-américain avait lancé une pétition en ce sens.

Ainsi, drapeaux confédérés et armes semi-automatiques à la main, des néonazis, suprématistes blancs, membres du Ku Klux Klan et partisans de la droite alternative s’étaient tous réunis à Charlottesville. Face à eux, des militants anti-racistes agitaient des drapeaux du mouvement Black Lives Matter. L’association militante afro-américaine se mobilise régulièrement contre la violence ainsi que le racisme systémique contre les Noirs.

En outre, inquiètes depuis l’annonce de ce rassemblement, les autorités locales n’avaient pas hésité à décréter l’état d’urgence.

Un déchaînement des violences

Pourtant, si elles ont interdit le rassemblement dès les premières échauffourées, ces mesures de sécurité n’ont pas empêché un déchaînement de violences entre les deux camps.

Ainsi, jets de projectiles, échanges de coups de bâton, rixes… Les manifestants de la droite radicale et les anti-racistes en sont très rapidement venus aux mains. Le tout dans une atmosphère chargée de gaz lacrymogènes. Un climat d’autant plus tendu que certains membres de milices d’extrême droite étaient venus en tenue paramilitaire. Ainsi qu’équipés de fusils semi-automatique en bandoulière.

En effet, en Virginie, la loi autorise le port d’arme de façon ostentatoire !

Au cours des affrontements, une femme de 32 ans a été tuée après qu’une voiture ait volontairement foncé dans la foule sur les manifestants anti-racistes. Le véhicule en a percuté un autre, puis en a de nouveau percuté un troisième, avant de repartir vivement en marche arrière au milieu des manifestants.

Selon la chaîne de télévision CNN, le suspect, James Alex Fields Jr, âgé de 20 ans et originaire de l’Ohio, a été inculpé de meurtre, de blessures et de délit de fuite.

Une berline noire ou grise nous a foncé dessus, elle a percuté tout le monde. Puis, elle a reculé et nous a encore heurté. Une fille au sol a été mutilée. C’était volontaire, ils ont fait exprès de reculer.

Selon un témoignage cité par Le monde.

La réaction de Donald Trump suscite la polémique

Adepte des réseaux sociaux, Donald Trump s’est fendu d’un tweet dans lequel il a appelé à

TOUS s’unir et condamner tout ce qui représente la haine. Il n’y a pas de place en Amérique pour ce genre de violences.

En outre, ces troubles ont été jugés suffisamment graves pour que le président des Etats-Unis les mentionne dans l’après-midi au cours d’une brève intervention devant la presse.

Nous condamnons dans les termes les plus forts possible cette énorme démonstration de haine. De sectarisme et de violences venant de diverses parties.

A-t-il réagi depuis son golf de Bedminster dans le New Jersey où il passe ses vacances.

Cependant, il a refusé de nommer expressément un coupable. Or, cette réaction, sans condamnation explicite des mouvements d’extrême droite, a suscité l’indignation au sein du parti des Démocrates mais aussi du parti des Républicains.

Ancien rival de Donald Trump dans la course à l’élection présidentielle de 2016, le sénateur républicain de Floride Marco Rubio, est ainsi intervenu sur Twitter.

Très important pour la nation d’entendre le président décrire les événements de Charlottesville pour ce qu’ils sont. Une attaque terroriste menée par des suprématistes blancs.

 

 

Publié le dimanche 13 août 2017 à 12:53, modifications mardi 15 août 2017 à 11:41

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