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Espagne : Une loi sur le consentement sexuel explicite a été annoncée

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La vice-présidente socialiste du gouvernement espagnol Carmen Calvo a annoncé un projet de loi visant à définir la notion de consentement sexuel explicite.

Les récentes affaires de viols en réunion par le groupuscule misogyne « la Meute » ont certainement pesées dans la balance pour orienter le parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) vers une telle proposition. Ce mardi, Carmen Calvo, la vice-présidente socialiste du gouvernement espagnol a annoncé une réforme du code pénal ibérique similaire à celle qui existe en Suède depuis le 1er juillet sur le consentement sexuel explicite.

Carmen Calvo annonce “Si une femme ne dit pas ‘oui’ explicitement, tout le reste est ‘non’ “

Devant la commission parlementaire, Carmen Calvo, qui préside la commission pour l’Égalité, a présenté ce projet inspiré de la loi suédoise qui considère comme un viol, tout acte sexuel pratiqué sans « accord explicite », même en l’absence de violences et de menaces.

Si une femme ne dit pas ‘oui’ explicitement, tout le reste est ‘non’. C’est ainsi que seront préservés son autonomie, sa liberté, le respect à sa personne et sa sexualité.

A détaillé la vice-présidente, qui a notamment coécrit l’ouvrage La femme en Espagne, Politique sociale pour l’égalité des sexes.

Le fait qu’un tel texte soit auguré, précisant la définition controversée du consentement, qui prête encore à confusion dans nombre d’États européens, découle de l’affaire dite de « la Meute » (la Manada). En plein mouvement de libération de la parole des femmes suite à l’affaire Weinstein et le hashtag MeToo, dont l’équivalent en Espagne est Cuéntalo (Raconte-le) lancé en 2017 sur Twitter, un crime est venu secouer l’opinion espagnole.

Vers plus de sévérité et un renforcement du code pénal

Il s’agit d’un viol collectif commis à Pampelune, lors des festivités de San Fermin en 2016. Les cinq hommes revendiquant leur appartenance au même groupe criminel nommé la Manada (la Meute), ont filmé sur un portable les abus qu’ils ont infligés à une jeune femme. Le verdict rendu par la justice locale en avril 2018 a choqué le pays, les juges ayant décidé de qualifier les faits d’« abus sexuels » et non d’« agression sexuelle », une catégorie ouvrant à des peines plus lourdes que les neuf ans de prison préconisés et leur libération sous caution le 22 juin dernier.

S’en sont suivies de multiples manifestations dans le pays contre les agressions sexuelles, en faveur d’un durcissement des sanctions à l’encontre des violeurs, agresseurs et harceleurs. La future loi sur le consentement sexuel explicite devrait participer au durcissement du code pénal, qui jusqu’ici ne retenait le chef d’accusation de « viol » que pour les actes commis sous l’influence d’une menace explicite ou avec violences.

Publié le mercredi 11 juillet 2018 à 14:00, modifications mercredi 11 juillet 2018 à 13:05

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