Monde

Catalogne : Remis en liberté par la justice allemande, Carles Puigdemont échappe à l’extradition

La justice allemande a décidé de remettre Carles Puigdemont en liberté sous contrôle judiciaire. De plus, elle a refusé son extradition, demandée par l’Espagne pour rébellion.

STORY - Episode 28/30

Cet article fait partie d'une "story" (une story est un ensemble d'articles relatifs à un sujet précis suivi par nos journalistes)

Naviger dans la "Story"

<< Episode précédentEpisode suivant >>

L’AFP a annoncé dans la soirée de jeudi 5 avril que la justice allemande avait remis en liberté sous contrôle judiciaire Carles Puigdemont.

Par ailleurs, elle a estimé qu’une éventuelle extradition de l’ancien président de la Catalogne « ne pourrait se faire qu’au motif de détournement de fonds publics ». Et non pour rébellion comme l’a demandé l’Espagne.

Les faits de rébellion non retenus

Ainsi, le tribunal compétent du Schleswig-Holstein, où l’indépendantiste était incarcéré, a estimé dans un communiqué :

Les faits de rébellion qui lui sont reprochés par la justice espagnole dans le mandat d’arrêt européen ne peuvent être retenus. Au regard du droit allemand.

Ainsi, seules les accusations de détournements de fonds publics, en lien avec l’organisation du référendum d’indépendance de la Catalogne en octobre, peuvent constituer un motif de remise à l’Espagne. Toutefois, la Cour a estimé qu’elles ne justifiaient pas en soi un maintien en détention. Par conséquent, contrairement aux réquisitions du parquet, les juges allemands ont également autorisé la mise en liberté Carles Puigdemont. Celui-ci a dû s’acquitter d’une caution de 75 000 euros. En outre, il est contraint de se présenter une fois par semaine à la police de Neumünster. La ville où il a été placé en détention le 25 mars.

De plus, en rendant son avis, la justice allemande n’a pas suivi les recommandations du procureur général. En effet, celui-ci avait repris à son compte les deux motifs émis dans le mandat d’arrêt européen contre le président destitué de Catalogne. Il avait aussi réclamé son maintien en détention en raison du risque «de fuite».

Le combat continue

Depuis sa prison de Neumünster, Carles Puigdemont a poursuivi son combat politique. En effet, ce jeudi, il a publié une lettre sur son compte Twitter. Il a appelé à soutenir Jordi Sanchez comme nouveau président du gouvernement catalan. Pourtant, Jordi Sanchez est toujours en détention préventive en Espagne. C’est pourquoi il n’avait pas pu être élu le mois dernier. Or, si la Catalogne ne parvient pas à se doter d’un exécutif avant le 22 mai, de nouvelles élections devront être organisées. Car depuis les élections controversées de décembre dernier, la région est sous tutelle du gouvernement espagnol.

A présent, il revient en théorie au parquet du Schleswig-Holstein de donner son feu vert à une extradition. Une décision contre laquelle Carles Puigdemont pourrait toutefois tenter de s’opposer. En effet, il pourrait déposer un recours auprès de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe.

Publié le vendredi 6 avril 2018 à 9:32, modifications vendredi 6 avril 2018 à 9:24

Naviger dans la "Story"

<< Episode précédentEpisode suivant >>

Vous aimerez aussi

Participer:

Proposer une correction Ecrire un article sur le sujet

Suivez-nous:

Discuttez !