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Bilan climat 2016 : Le réchauffement climatique au cœur des négociations

Inondations, incendies de forêts, typhons dans le Pacifique, gros coup de chaud sur l’Arctique… Toutes ces catastrophes naturelles ont un point commun : le réchauffement climatique. Entre COP 21 et COP 22, les sommets mondiaux se succèdent avec des avancées mais aussi des difficultés.

La multiplication des vagues de chaleur, des sécheresses et des inondations, mais aussi la fonte accélérée des glaciers… Le réchauffement climatique est dans toutes les bouches et les dérèglements climatiques se multiplient dans le monde. L’Arctique vient de connaître les douze mois les plus chauds depuis le début de relevés de températures dans cette région en 1900.

La conséquence a été une fonte de la banquise sans précédent. Ainsi que le retard de la formation de la nouvelle glace à l’automne.

Rarement nous avons observé l’Arctique produire un signal aussi fort et clair d’un réchauffement persistant. Montrant des effets en cascade sur l’environnement.

A expliqué Jeremy Mathis, le directeur du programme de la recherche arctique de l’Agence océanique et atmosphérique américaine (NOAA) dans les colonnes du Monde.

En effet, depuis 150 ans environ, la concentration des gaz à effet de serre dans notre atmosphère augmente. Par exemple, entre 1850 et 2012, les émissions annuelles de CO2 issues de la combustion d’énergies fossiles ont été multipliées par 160. Or, ces GES retiennent la chaleur.

Pour éviter que notre climat ne s’emballe, nombre de scientifiques recommandent que la température moyenne n’augmente pas de plus de 2 °C d’ici 2100 par rapport à 1850. Cela signifie que la quantité de gaz à effet de serre dans notre atmosphère doit immédiatement diminuer.

A l’occasion de travaux basés sur 25 études différentes par 116 scientifiques de 18 pays sur cinq continents et deux océans, des scientifiques ont attribué une relation entre l’émission de gaz à effet de serre produite par les activités humaines et les phénomènes météorologiques extrêmes.

Nous voyons une multiplication des preuves que le changement climatique rend les canicules plus extrêmes dans de nombreuses régions du globe.

A décrit Stéphanie Herring. Cette scientifique de l’Agence américaine des océans et de l’atmosphère (NOAA) est l’un des principaux auteurs du rapport publié dans une édition spéciale du Bulletin of the American Meteorological Society. Ce dernier ayant été retranscris par le Think Tank Terra Nova.

Des glaces arctiques au plus bas

Outre une plus grande intensité des nombreuses vagues de chaleur entre 2015 et 2016, les chercheurs ont souligné que le réchauffement avait conduit à une réduction de la couverture neigeuse en Amérique du Nord.

Selon un relevé en mars, au plus fort de l’hiver, ils ont également mis en avant le recul des glaces arctiques.

Les chercheurs ont également conclu que le réchauffement du globe joue un rôle dans les inondations récurrentes en Asie notamment. Conséquence directe des marées de plus en plus hautes.

Une multiplication des records

Les scientifiques ont déterminé que le changement climatique a probablement contribué à l’intensité record des typhons dans le nord-ouest du Pacifique depuis 2015. Ils parlent également de record d’ensoleillement en hiver au Royaume-Uni sur 2015 et 2016.

Le réchauffement serait aussi en cause dans la propagation et la durée sans précédent des incendies de forêts en Alaska. En effet, près de 2,1 millions d’hectares ont brûlé en 2015. Soit, la deuxième plus grande superficie depuis le début des observations en 1940.

Le changement climatique induit par les humains pourrait avoir accru le risque de ces incendies de 34 à 60%.

Ont expliqué les chercheurs.

De plus, les relevés mensuels de températures montrent que 2016 devrait battre un nouveau record annuel de chaleur sur le globe. Il sera le troisième consécutif.

Les climatologues pensent que la fréquence et l’intensité de ces phénomènes météorologiques extrêmes vont s’aggraver avec la poursuite du réchauffement de la planète.

250 millions de réfugiés climatiques en 2050 ?

Des catastrophes naturelles qui devraient donc continuer à se multiplier dans les décennies à avenir. Un désastre écologique qui devrait provoquer la migration des populations.

Dans un rapport publié en 2012, l’ONU prédisait déjà 250 millions de déplacés dans le monde en 2050.

Il y a déjà, aujourd’hui, davantage de réfugiés climatiques que de réfugiés de guerre. Quelque 80% d’entre eux vivent dans les pays du Sud, mais vont-ils y rester ? Si nous ne parvenons pas à un accord à Paris ils seront encore plus nombreux dans dix, vingt ou trente ans.

Mettait également en garde François Hollande dans un entretien au Parisien en septembre 2015.

Bref, difficile de ne pas tomber dans le catastrophisme du fait de l’état des lieux alarmant émis par les scientifiques.

L’avenir de la vie sur terre pour des centaines, voire milliers d’années se joue donc dans la décennie qui vient.

Des conférences climat pour lutter contre le réchauffement climatique

Justement, agir en faveur du climat et limiter le réchauffement climatique à moins de 2°C était l’objectif de la COP 21 de Paris en 2015.

Une ambition que devait mettre en action la COP22 à Marrakech en novembre dernier.

Ainsi, jeudi 17 novembre, après plusieurs jours de négociations, les représentants de 196 parties ont adopté en séance plénière la « proclamation de Marrakech ».

Un moment politique fort, après deux semaines de négociations techniques. Mais également, un moment d’unité, comme pour conjurer le sort après l’élection de Donald Trump à la Maison-Blanche. Le prochain président des Etats-Unis qui menace les négociations internationales sur le climat.

Pendant deux semaines, les délégués de 190 pays se sont réunis pour ce qui devait être la conférence de l’action et des solutions concrètes. Hélas, les négociateurs se sont montrés déçus, expliquant que « les débats avaient été trop chaotiques ».

Dans leur ligne de mire : la trop faible volonté politique pour imposer une plus grande participation financière des Etats. Ou encore la défiance dans les mesures immédiates contre les énergies fossiles.

Si de nombreux accords ont été conclus, il reste pourtant impossible de prévoir les conséquences du réchauffement climatique. Notamment, compte tenu de la complexité des systèmes qui nous entourent.

Autant dire que l’humanité a rarement été confrontée à un tel défi.

Publié le samedi 31 décembre 2016 à 15:03, modifications samedi 31 décembre 2016 à 16:51

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