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Belgique : Le phénomène des Sugar Babies débarque

Les Sugar Babies sont de plus en plus nombreux aux Etats-Unis, et le phénomène arrive en Belgique et remporte d’ores et déjà un franc-succès auprès de la communauté étudiante. Le principe est simple puisqu’il s’agit d’échanger sa compagnie contre une vie plus confortable. Mais attention, ce n’est pas de la prostitution. Du moins, pas officiellement… Retour sur ce phénomène qui dérange.

Qui sont les Sugar Babies ?

Aux Etats-Unis de nombreuses publicités au sujet des Sugar Babies défilent. Aujourd’hui, même constat en Belgique. On peut notamment y lire la chose suivante, par exemple :

Hey les étudiantes! Zéro euro, un prêt étudiant sur le dos? Rencardez un Sugar Daddy!

Un slogan alléchant, qui en dit long sur le statut de la Sugar Baby. En réalité, il s’agit donc d’un échange de services. Les personnes sont consentantes et la relation est contractuelle et codifiée. Le site met en lien un homme (généralement riche) et une jeune femme (belle et désirable). L’homme (le Sugar Daddy) s’offre la compagnie de cette femme. Il peut la payer, l’emmener en vacances, ou même payer ses études. En échange, cette dernière est à son « service »

On pourrait penser que c’est une sorte de prostitution, mais ce n’est pas le cas. En effet, il n’est pas forcément question de relation sexuelle. C’est là toute la différence. Et les femmes ne sont pas uniquement choisies sur leur physique. Elles sont là pour tenir compagnie à l’homme et donc, doivent avoir de la conversation. La Sugar Baby n’est donc pas une prostituée…

Une relation payante

Ce n’est pas de la prostitution, mais la femme est tout de même payée pour être au service d’un homme. Cela dit, la relation est fortement encadrée et la Sugar Baby n’a aucune obligation physique envers l’homme qui l’emploie. C’est donc certes une relation tarifée, mais ce n’est pas de la prostitution.

Cependant, il faut savoir qu’il y a eu des jugements aux Etats-Unis. Et que la justice a été très claire : les sites de Sugar Babies ne peuvent pas être accusés de vendre des rapports sexuels rémunérés. Pour parler de prostitution, il faut que le rapport sexuel soit la base du contrat. Ce qui n’est pas du tout le cas ici, ce sont seulement des rencontres et des discussions. Ce qu’il se passe ensuite entre le Sugar Daddy et la Sugar Baby ne regarde personne…

L’un des fondateurs d’un site de Sugar Babies a expliqué qu’il ne faisait que mettre en relation des hommes et des femmes qui ont envie de passer du temps ensemble et qui partagent un intérêt commun. Chacun est gagnant dans cette histoire selon les instigateurs du concept…

Un concept gagnant gagnant ?

Selon les fondateurs du concept, la Sugar Baby et le Sugar Daddy sont tous les deux gagnants. La Sugar Baby trouve un moyen d’adoucir son quotidien d’un point de vue financier. En effet, ces pratiques lui permettent de payer ses études sans avoir à passer par un prêt étudiant. L’homme de son côté est heureux de passer du temps avec une femme jeune et pétillante qui va égayer son quotidien.

Les étudiantes sont nombreuses à se laisser tenter par cette aventure. En effet, certaines Sugar Babies ont témoigné et affirmé que c’était quand même plus sympa de divertir un homme que de travailler dans un supermarché. En devenant des Sugar Babies, elles disent avoir augmenté leur niveau de vie, en accompagnant des hommes d’âge mûr au restaurant, ou dans des soirées. Car c’est bel et bien l’homme qui paie absolument tout.

Des jeunes femmes superficielles…

Le problème, c’est que certes le concept est vendeur, mais dans les faits, c’est assez différent. En effet, sur le site Rich Meet Beautiful par exemple, on constate que la description est assez claire. On peut ainsi lire la chose suivante :

Vous mettez tous vos efforts pour être la plus belle et méritez d’être traitée en adéquation. Les hommes sur RmB le savent, ils veulent que vous soyez la plus jolie et réalisent qu’une femme si elle a besoin de longues heures de shopping, d’un goût impeccable et de voyages exotiques.

Et que dire du Sugar Daddy qui est présenté comme un bienfaiteur généreux, qui doit prendre soin de sa Sugar Baby. D’ailleurs, les termes de Baby et de Daddy sont assez particuliers, limite incestueux nous semble-t-il… Sans compter que l’homme fait clairement son marché puisqu’il a un large choix :

Vous pouvez trouver votre Sugar Baby idéale facilement. Recherchez par origine ethnique, âge, localisation. 1.000 jeunes femmes magnifiques attendent leur mentor. Obtenez le respect et l’admiration que vous méritez de la part de jeunes femmes désireuses d’apprendre des choses

D’autant plus que le Sugar Daddy et la Sugar Baby vont définir eux-mêmes les conditions de leur relation. Voici ce que l’un des fondateurs du site a expliqué :

Tout le monde n’est pas à la recherche d’une relation superficielle. Mais d’un autre côté, ne soyons pas naïfs: les femmes tombent toutes sous le charme d’hommes riches. Est-ce que Cendrillon serait tombée amoureuse du prince charmant s’il n’avait pas eu de château ?

Et en Belgique ?

Le concept fait donc un carton aux Etats-Unis, et tente de s’implanter en Belgique. Le site est persuadé qu’il y a du potentiel dans ce pays, car les étudiantes recherchent souvent comment payer leurs études. C’est d’ailleurs le fer de lance de leur communication. D’ici quelques semaines, le pays sera sillonné par dix véhicules promotionnels. Les véhicules stationneront principalement aux abords des universités belges, car c’est bel et bien là que les candidates potentielles se trouvent. Les fondateurs des sites de Sugar Babies estiment que la Belgique est le pays idéal pour implanter le concept et espèrent 300.000 membres d’ici 2018.

Mais bien évidemment, le JEP, Jury d’Ethique Publicitaire, a été saisi d’une plainte. Ce sont les universités qui se plaignent estimant que c’est un service d’Escort déguisé. Le jury va se pencher rapidement sur cette plainte. Il est possible que la campagne soit définitivement stoppée , ce qui rendrait l’implantation du concept plus compliqué en Belgique.

De leur côté, les Sugar Daddies ont entre 37 et 49 ans, sont moins nombreux à être séduits par le concept. Pourtant, c’est assez simple de devenir Sugar Daddy :

Certains gagnent jusqu’à dix millions d’euros par an, mais il y a aussi des hommes dont les revenus annuels ne dépassent pas 100.000 euros par an. Nous ne fixons pas de revenu plancher, tant qu’ils savent nous payer les 79,95 euros d’abonnement mensuel, on les laisse devenir membres.

Il est pour l’instant plus facile d’attirer les filles dont l’inscription est gratuite, que les hommes. Mais les fondateurs du concept sont très confiants.

Et la sécurité ?

Ce qui pose également problème c’est la sécurité des jeunes filles. Certains craignent qu’elles ne tombent sur des pervers ou des arnaqueurs. Mais ce n’est pas un souci selon les responsables car les profils sont contrôlés :

Ce sont 30 à 40 employés de RmB qui s’assurent chaque jour que les profils ne sont pas ceux d’arnaqueurs. Ils sont occupés à plein temps pour dénicher les éventuels menteurs.

Donc à les écouter, il n’y a aucun risque. L’inquiétude est de mise, la polémique enfle à vive allure… Alors que faut-il en penser ? Le débat est ouvert sur Minute News !

Publié le mercredi 27 septembre 2017 à 14:40, modifications mercredi 27 septembre 2017 à 12:24

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