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Attaque chimique en Syrie : Bachar al-Assad décline sa responsabilité et accuse l’Occident

Dans une interview exclusive accordée à l’AFP, Bachar al-Assad a affirmé que l’attaque chimique présumée sur une ville rebelle était entièrement fabriquée. Selon le président syrien elle a servi de « prétexte » pour justifier les frappes américaines contre l’armée syrienne.

Dans un entretien exclusif accordé mercredi 12 avril à l’AFP à Damas, Bachar al-Assad s’est exprimé au sujet de l’attaque chimique présumée sur la ville rebelle de khan Cheikhoun.

Selon le président syrien, le drame qui s’est produit le 4 avril dans cette ville de la province d’Idlib, aurait totalement été fabriqué.

En outre, il a affirmé que cela aurait servi de «  prétexte » pour justifier les frappes américaines contre l’armée syrienne.

Il s’agit pour nous d’une fabrication à 100%. Notre impression est que l’Occident, principalement les Etats-Unis, est complice des terroristes. Il a monté toute cette histoire pour servir de prétexte à l’attaque américaine du 7 avril contre une base aérienne.

A-t-il annoncé.

En effet, les Etats-Unis avaient tiré 59 missiles de croisière le 7 avril sur une base aérienne syrienne.

Cette mesure de représailles du président américain, Donald Trump, avait été soutenue par d’autres capitales occidentales.

Lundi 10 avril, le secrétaire américain à la Défense, James Mattis, avait affirmé que les frappes avaient détruit « 20% des appareils opérationnels de l’armée syrienne. »

Cependant, selon Bachar al-Assad, ces frappes américaines n’ont pas affecté la puissance de feu du régime.

Notre puissance de feu, notre capacité à attaquer les terroristes n’a pas été affectée par cette frappe.

« Nous ne possédons pas d’armes chimiques »

Les seules informations dont dispose le monde jusqu’à présent sont celles publiées par la branche d’Al-Qaïda

A poursuivi le chef de l’Etat syrien en référence au groupe jihadiste, Fateh al-Cham. Ce dernier contrôle la ville de Khan Cheikhoun avec les rebelles.

Il a ensuite ajouté :

Nous ne possédons pas d’armes chimiques. Il y a plusieurs années, en 2013, nous avons renoncé à tout notre arsenal. Et même si nous possédions de telles armes, nous ne les aurions jamais utilisées.

De plus, Bachar al-Assad a affirmé qu’il voulait une enquête sur ce qui s’est passé à Khan Cheikhoun, tout en posant ses conditions.

Nous allons œuvrer avec les Russes en vue d’une enquête internationale. Mais elle doit être impartiale. Nous ne pouvons permettre une enquête que si, et seulement si, elle est impartiale. Et en nous assurant que des pays impartiaux y prendront part pour être sûrs qu’elle ne sera pas utilisée à des fins politiques.

S’agissant des États-Unis, le président syrien a en outre ajouté que le gouvernement de Donald Trump n’était pas sérieux dans la recherche d’une solution politique en Syrie. Il les a accusé d’utiliser le processus politique de Genève pour venir en aide aux rebelles qui perdent du terrain face au régime.

De leur côté, les experts de l’OIAC (Organisation pour l’interdiction des armes chimiques) ont déclaré ce jeudi soir que, selon leurs évaluations préliminaires, l’attaque chimique en Syrie était une « allégation crédible ».

Publié le jeudi 13 avril 2017 à 11:38, modifications vendredi 14 avril 2017 à 10:03

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