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Ligue des nations: pourquoi les Bleus sont-ils passés au travers ?

Comment expliquer le calvaire des Bleus vendredi aux Pays-Bas (2-0) en Ligue des nations ? Par la superbe prestation néerlandaise d’abord, mais aussi par des absents de poids, un manque d’engagement et des choix discutables de Didier Deschamps.

L’équipe de France devra rectifier le tir dès mardi en amical contre l’Uruguay au Stade de France (21h00).

. Sans Pogba…

Avec les forfaits du milieu Paul Pogba et des défenseurs Samuel Umtiti et Lucas Hernandez, “on avait beaucoup de joueurs absents importants pour nous et ça s’est vu”, a relevé Antoine Griezmann après la rencontre à Rotterdam.

Le sélectionneur français Didier Deschamps (droite) et son adjoint Guy Stephan (gauche) pendant la mi-temps du match entre la France et les Pays-Bas à Rotterdam le 16 novembre 2018

(credit photo AFP) Le sélectionneur français Didier Deschamps (droite) et son adjoint Guy Stephan (gauche) pendant la mi-temps du match entre la France et les Pays-Bas à Rotterdam le 16 novembre 2018

Leurs remplaçants Steven Nzonzi, Presnel Kimpembe et Lucas Digne ont globalement raté leur match. Nzonzi, qui a provoqué le premier but néerlandais en manquant son intervention défensive, n’était que l’ombre de la solide sentinelle sur laquelle l’AS Rome se repose depuis le début de saison. Digne, dépassé dans l’engagement en entame de match, n’a pas trouvé ses marques et son entente avec Kimpembe, lui aussi bousculé par la vivacité des Néerlandais, était loin d’être optimale.

Comme à son habitude, le sélectionneur ne s’est pas attardé sur les défaillances individuelles. “Je n’ai pas un message particulier pour Steven (Nzonzi), il fait partie d’un collectif” et “la prestation de l’ensemble de l’équipe est insuffisante pour espérer obtenir un résultat positif”.

Deschamps n’a pas non plus voulu se réfugier derrière l’avalanche de forfaits qui a touché les Bleus. “C’est une période difficile pour nous mais je ne veux pas me servir de ça comme excuse. Avec les joueurs qui sont là, on doit être capable de faire mieux”, a-t-il tranché.

. Une décompression post-Mondial ?

Les Bleus ont-ils subi un contrecoup post-Coupe du monde ? Le technicien n’a pas eu l’air de trop y croire et a surtout pointé “le manque d’engagement” de son équipe dans les duels, alors que la solidarité et la solidité défensive étaient la marque de fabrique de ses Bleus à la Coupe du monde.

“Quand on faisait le pressing, ce n’était pas en équipe, il n’y avait pas ce qu’il fallait pour récupérer le ballon, on jouait trop bas. Quand on le récupérait, la première balle n’était pas tranchante et on avait du mal à repartir en contre-attaque”, a abondé Olivier Giroud en zone mixte.

Symbole des difficultés françaises, N’Golo Kanté, d’habitude si précieux, a été très emprunté au milieu. Les champions du monde avaient également l’habitude de se reposer sur les exploits individuels de leur flèche offensive Kylian Mbappé. Mais lui aussi était aux abonnés absents. “J’ai trouvé qu’il était passé à côté de son match. Ca arrive mais le voir s’énerver après les ramasseurs de balle…”, a déploré l’ancien international Yannick Stopyra dans le quotidien L’Equipe.

L'attaquant français Kylian Mbappé lors du match entre la France et les Pays-Bas, à Rotterdam le 16 novembre 2018

(credit photo AFP) L’attaquant français Kylian Mbappé lors du match entre la France et les Pays-Bas, à Rotterdam le 16 novembre 2018

Les adversaires commencent en outre à connaître le style de jeu des champions du monde basé sur la récupération de balle et la vitesse du jeune Parisien. A Rotterdam, Mbappé a été parfaitement muselé par le prometteur défenseur néerlandais Matthijs de Ligt, 19 ans, comme son vis-à-vis français…

. Deschamps en méforme ?

Le sélectionneur tricolore n’a pas réussi à trouver de solutions face à la vitesse des Pays-Bas. En privilégiant la “logique de groupe” et le “vécu international”, il a aligné un onze de départ très défensif qui manquait de joueurs créatifs au milieu de terrain avec Nzonzi, Kanté et Blaise Matuidi.

Son homologue néerlandais Ronald Koeman s’est dit “surpris par la composition de l’équipe de France et la façon dont ils ont joué”.

Certes, Deschamps n’avait pas grand choix en l’absence de Pogba mais peut-être aurait-il pu tenter de lancer le jeune lyonnais Tanguy Ndombélé, qui partage avec “Pogboum” cette capacité à casser les lignes adverses. Ou bien se contenter d’une paire Kanté-Matuidi, pour aligner un quatuor offensif devant.

Ses changements n’ont pas non plus été payants avec l’entrée de Moussa Sissoko, auteur d’une faute en toute fin de match, synonyme de penalty en faveur des “Oranje”.

En creux, le sélectionneur devra trouver un équilibre dans les mois qui viennent entre la confiance qu’il accorde aux champions du monde ou aux anciens (Sissoko n’était pas au Mondial, NDLR) et la nécessité de renouveler son groupe, afin de tenter de nouvelles combinaisons. Encore faut-il qu’il ait un réservoir de joueurs suffisant, notamment sur le côté droit, où son titulaire Benjamin Pavard et le remplaçant Djibril Sidibé sont en difficulté mais où la concurrence paraît extrêmement faible.

Publié le samedi 17 novembre 2018 à 13:10, modifications samedi 17 novembre 2018 à 13:10

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