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Liberté de la presse : Reporters sans frontières alerte sur la haine envers les journalistes

Dans le classement mondial de la liberté de la presse 2018 réalisé par Reporters sans frontières, 21 pays sont désormais placés en situation « très grave ». Un niveau record.

Dans son rapport annuel publié ce mercredi 25 avril, qui porte sur l’année 2017, Reporters sans frontières (RSF) estime que la liberté de la presse s’est encore dégradée dans le monde l’an dernier.

La haine du journalisme menace les démocraties. Y compris en Europe et aux Etats-Unis.

Alerte l’ONG.

La carte du monde dressée par RSF à partir de son classement mondial de la liberté de la presse s’est une nouvelle fois assombrie. En effet, 21 pays sont désormais placés en situation « très grave », un niveau record. L’Irak rejoint cette catégorie, où figurent des régimes autoritaires comme l’Egypte (161ème), la Chine (176ème). Ou la Corée du Nord, toujours en 180ème et dernière position.

Ce classement traduit un phénomène malheureusement manifeste. La croissance dans bon nombre de démocraties de l’expression de la haine contre les journalistes. Et la libération de cette haine est vraiment dangereuse.

Résume Christophe Deloire, le secrétaire général de l’organisation, interrogé par l’AFP.

L’Europe également concernée

Toutefois, les attaques haineuses contre les journalistes ne sont plus le seul privilège des Etats autoritaires, argue le rapport. Ainsi, quatre des plus forts reculs enregistrés cette année concernent en effet des pays européens. En premier lieu, se trouve la République tchèque, qui dégringole de 11 places à la 34ème. Pour illustration, le président Milos Zeman s’est présenté lors d’une conférence de presse avec une kalachnikov factice portant l’inscription « pour les journalistes ».

La Slovaquie est également pointée du doigt, alors que l’ex-Premier ministre Robert Fico qualifie régulièrement les journalistes de « sales prostituées anti-slovaques » ou « simples hyènes idiotes ». Or, le pays est également mis en cause pour l’assassinat du journaliste Jan Kuciak. Son décès a entraîné des manifestations monstres. Et finalement, la démission de Robert Fico.

Puis, Malte, où la journaliste anticorruption Daphne Caruana Galizia a été assassinée, chute de 18 places. Et se place au 65ème rang.

Quant à la Serbie, elle, en perd 10, pour se placer à la 77ème place.

Enfin, les Etats-Unis de Donald Trump, pays du premier amendement qui sacralise la liberté d’expression, perdent deux places au classement. Et tombent au 45ème rang.

Menace sur la France

Pourtant, la France ne fait pas exception. Certes, elle progresse de six places, au 33e rang. Une bonne place qui s’explique notamment à la faveur du recul de plusieurs pays voisins. Toutefois, RSF  relève que

le ‘mediabashing’, ou le dénigrement systématique de la profession par certains leaders politiques, a connu son paroxysme pendant la campagne électorale de 2017.

Met en garde le rapport.

Certains responsables continuent d’utiliser cette rhétorique pour attaquer les journalistes quand ils sont mis en difficulté, à l’instar du leader de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon.

En effet, le fondateur des Insoumis a récemment écrit que « la haine des médias et de ceux qui les animent est juste et saine ».

Ainsi, pour RSF, ce climat délétère envers la presse sape l’un des fondements essentiels des démocraties.

Ceux qui récusent la légitimité des journalistes jouent avec un feu politique extrêmement dangereux. Les démocraties ne meurent pas que par des coups d’Etat mais elles peuvent mourir aussi à petit feu. Et l’une des premières bûches c’est généralement la haine envers les journalistes.

Déplore Christophe Deloire.

Publié le mercredi 25 avril 2018 à 9:32, modifications mercredi 25 avril 2018 à 11:05

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