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Les musulmans de France expriment leur “profonde préoccupation”

Samedi 23 juin, dix personnes suspectées de préparer des attaques contre des musulmans ont été interpellés.

Après le coup de filet dans la mouvance de l’ultradroite, la psychose gagne du terrain pour les “musulmans” de France.

Le conseil français du culte musulman “inquiet”

Le Conseil français du culte musulman demande à l’État d’assurer la protection des musulmans. Après l’arrestation de dix personnes impliquées dans un mouvement appelé AFO (Action des forces opérationnelles) les tensions sont de plus en plus vives. Les suspects arrêtés ont entre 32 et 69 ans. Ils avaient déjà commencé à fabriquer des explosifs et cherchait à se procurer des armes. Ils ciblaient notamment des imams radicaux, des détenus islamistes sortant de prison mais aussi des femmes voilées, choisies au hasard dans la rue. Le chef de ce réseau serait un policier à la retraite arrêté à son domicile près de Poitiers (Vienne). L’ancien directeur de la DGSI en 2016, Patrick Calvar, exprimait déjà sa crainte “nous sommes au bord d’une guerre civile”

Vous aurez une confrontation entre l’ultra-droite et le monde musulman, pas les islamistes, mais bien le monde musulman. Encore un ou deux attentats et elle adviendra. Il nous appartient donc d’anticiper et de bloquer tous ces groupes qui voudraient, à un moment ou à un autre, déclencher des affrontements intercommunautaires.

La faute aux attentats ?

La menace terroriste en France est depuis ces dernières années essentiellement des réseaux djihadistes, responsables d’une vague d’attentats sans précédent depuis 2015 dans notre pays.  Des responsables religieux et associatifs déplorent un haut niveau d’«islamophobie» dans le débat public. En effet, ils ne sont pas surpris de ce “coup de filet” vu le climat actuel.

Je n’ai pas été surpris par ce coup de filet parce que le climat actuel d’islamophobie encourage ce type de passage à l’acte

a déclaré le président de l’Observatoire contre l’islamophobie du CFCM, Abdallah Zekri.

Marine Le Pen met en garde

La présidente du rassemblement National a mis en garde contre tout “lien qui pourrait être établi entre les personnes interpellées et les militants identitaires ou ceux de son parti d’extrême droit”.

Dans un tweet, le ministre de l’Intérieur a salué  «l’engagement constant de la DGSI, qui veille au quotidien à la protection des Français face à toute action violente, d’où qu’elle vienne».

Profonde préoccupation

Dans un communiqué du lundi 25 juin, le Conseil français du culte musulman (CFCM) a exprimé  une profonde préoccupation” pour la sécurité des quelque 2.500 lieux de culte et des près de six millions de fidèles de la deuxième religion de France.  Aujourd’hui, mardi 26 juin, le président du CFCM Ahmet Ogras s’est ainsi expliqué au micro de LCI :

On a confirmé notre souhait d’être partie civile pour avoir accès au dossier, connaitre les lieux de cultes visés et les personnalités visées. Nous avons un devoir, en tant que représentants, d’apaiser, mais aussi de défendre notre culte et les personnes qui le pratiquent. Nous remercions les services de l’Etat, les représentants des forces de l’ordre, la DGSI, le groupe Sentinelle pour la sécurisation de nos lieux de culte. Nous avons face à nous un ministre de l’Intérieur qui assume ses responsabilités et partage les réalités du terrain.

Nous remercions notre communauté musulmane qui est digne, ne répond pas aux provocations des uns et des autres, s’est félicité le représentant. Nous demandons que tous les représentants des partis politiques – je dis bien tous – soient solidaires de cette communauté. Nous invitons les institutionnels qui défendent les droits de l’Homme à partager cette solidarité.

A noter que le groupe avait envisagé de s’en prendre au candidat à la présidentielle du mouvement de gauche radicale la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, et à Christophe Castaner, secrétaire d’Etat aux Relations avec le Parlement.

Publié le mardi 26 juin 2018 à 15:36, modifications mardi 26 juin 2018 à 15:36

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