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L’année 2017 marque-t-elle l’effondrement de l’Etat islamique ?

Trois ans après sa foudroyante montée en puissance et la conquête de vastes territoires, le groupe Etat islamique a été défait en Irak et se retrouve acculé en Syrie voisine. Pourtant, en a-t-on fini avec l’organisation terroriste ?

L’année 2017 a vu s’effondrer le califat de l’État islamique au terme d’offensives antijihadistes d’envergure. En effet, soumis à un déluge de bombardements aériens des États-Unis et de la Russie, les jihadistes ont perdu en 2017 les « capitales » de leur État proclamé. Mossoul, en Irak, et Raqqa, en Syrie.

En outre, pour Emmanuel Macron, l’affaire est réglée, ou c’est tout comme, quand il affirme, deux ans après les attentats du 13 novembre 2015 :

Nous avons gagné ! Les prochaines semaines et les prochains mois nous permettront de gagner complètement sur le plan militaire dans la zone irako-syrienne ».

Toutefois, l’Irak et la Syrie restent confrontés à de périlleux défis avec des villes en ruine et une menace extrémiste persévérante.

La fin d’un règne de la terreur

Le 29 juin 2014, l’État islamique en Irak et au Levant proclame l’instauration d’un califat dirigé par son chef, Abou Bakr al-Baghdadi. Or, à l’époque, la communauté internationale est loin d’imaginer de quoi il est capable. Personne ne se doute de la répercussion internationale de cette fracture entre les nouveaux jihadistes de Daech et la branche irakienne d’al-Qaïda. En effet, les jihadistes du califat organisent l’Etat à la manière d’un état ordinaire. A la différence qu’il répond strictement aux lois islamiques, régit par la charia. Ainsi, le quotidien des habitants qui n’ont pas pu fuir avant la prise des zones s’assombrit sous une dictature islamiste intransigeante. Dès lors, cet État autoproclamé va s’installer politiquement, administrativement, territorialement, militairement et surtout idéologiquement. Et ce, bien au-delà des frontières irakiennes et syriennes.

La communauté internationale va assister à des décapitations et otages brûlés vifs. Des mises à mort exécutées par de jeunes enfants. Ainsi que des rapts et des exactions de toute une population yézidie massacrée ou réduite en esclavage. Le tout mis en scène dans des vidéos de propagande produites telles de gros films américains. Très vite, l’organisation terroriste va parvenir à attirer des milliers de combattants venus du monde entier, dont une large part de Français. Certains iront se former là-bas pour revenir massacrer leurs concitoyens, comme ce tragique vendredi 13 novembre 2015.

Les chutes de Mossoul et Raqqa

Face à la force de frappe des djihadistes, l’armée irakienne bat en retraite. Toutefois, remises sur pied en 2016, les forces irakiennes, aidées par la coalition internationale, lancent progressivement la contre-offensive. Elles reprennent d’abord Fallouja le 26 juin puis Ramadi dans l’ouest. Mossoul est libérée le 10 juillet dernier après presque neuf mois de combats, qui ont ravagé la ville et généré une crise humanitaire.

Le 31 août, les forces irakiennes reprennent le bastion djihadiste de Tal Afar, entre Mossoul et la frontière syrienne. Alors que les territoires de l’Etat islamique se réduisent. L’armée lance mi-septembre l’assaut contre les derniers fiefs de l’organisation, avec une ultime opération militaire dans une région désertique de l’ouest irakien, le 23 novembre dernier.

Début 2016, soit deux ans après son installation, les terres du califat s’étendaient sur 78.000 km². Un an plus tard, le territoire s’établit sur 60.400 km² selon le cabinet d’analyse IHS Markit. Soit une perte de 23%.

Une perte de territoire mais une idéologie toujours ravivée

Le 9 décembre 2017, le Premier ministre irakien a proclamé la « fin de la guerre » contre l’Etat islamique en Irak. En Syrie, les villes tenues par les jihadistes ont été libérées.

Pourtant, Daech étant une organisation, à laquelle tout groupe ou individu peut revendiquer son appartenance, des attaques avec n’importe quelle arme peuvent se produire à tout instant. N’importe où, y compris en France. Or, les spécialistes craignent ouvertement que les pratiques « africaines » soient reproduites en France. En particulier les explosions de camions ou de voitures piégées dans des foules urbaines. Mais l’imagination des terroristes est sans limite et la perte du « califat » n’entamera pas les ardeurs de ses suppôts, où qu’ils se trouvent. Des craintes se sont fait jour en Amérique du Sud, jusqu’ici épargnée, notamment en Argentine, au Brésil, au Mexique, et aux Antilles.

Ainsi, la véritable force de l’État islamique ne réside pas dans son aspect militaire. Le président du Centre d’Analyse du Terrorisme, Jean-Charles Brisard a notamment déclaré

 Je doute que l’on puisse venir à bout de cette organisation et surtout de son idéologie. On porte un coup à Daech territorial, administratif, pour autant il y a toujours l’Etat islamique virtuel. Celui qui recrute, celui qui inspire les attentats. Et celui-là il faudra sans doute plusieurs générations pour le voir disparaître.

Publié le jeudi 28 décembre 2017 à 9:27, modifications jeudi 28 décembre 2017 à 9:27

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