Justice

Guy Wildenstein : jugé pour une fraude familiale magistrale

Le ministère public a requis mercredi devant la cour d’appel de Paris quatre ans d’emprisonnement, dont deux avec sursis, et une amende de 250 millions d’euros contre le marchand d’art Guy Wildenstein, présenté comme le “patriarche” d’un clan qui a “sciemment dissimulé” des milliards d’euros au fisc français.

La fraude fiscale la plus sophistiquée de France

En 2017, les héritiers de la famille Wildenstein, leurs conseillers et leurs sociétés financières avaient bénéficié d’une spectaculaire relaxe générale au tribunal, alors que le parquet avait réclamé de lourdes sanctions contre ce qu’il avait qualifié de fraude fiscale “la plus longue et la plus sophistiquée” de l’histoire récente en France.

Devant la cour d’appel, pas d’envolée lyrique. L’accusation s’est attachée à démontrer comment l’empire d’une élite mondialisée a été “soustrait à l’impôt” sur les successions, en décortiquant le fonctionnement de chacun des “trusts”, ces sociétés-écran qui abritent les actifs du clan: hôtels particuliers, pur-sangs ou tableaux de maître.

Avec Guy Wildenstein étaient jugés deux autres héritiers : le jeune Alec, qui vit dans un ranch familial au Kenya, et la sculpteure d’origine russe Liouba Stoupakova, veuve d’un héritier de la famille, en rupture avec le clan. Contre le premier, moins impliqué que son oncle Guy, le parquet général a requis six mois d’emprisonnement avec sursis. Six mois avec sursis également contre la seconde, assortis d’une amende de 150.000 euros.

Les autres héritiers jugés

Contre deux avocats et un notaire, les avocats généraux Alain Gallaire et Muriel Fusina ont requis des peines comprises entre deux ans d’emprisonnement avec sursis et trois ans d’emprisonnement dont deux avec sursis, ainsi que des amendes allant de 37.500 euros à un million d’euros.

Les magistrats ont demandé 187.000 euros, l’amende “maximum” pour complicité de fraude fiscale, à l’encontre de Northern Trust Fiduciary Services et Royal Bank of Canada Trust Company, structures basées à Guernesey et aux Bahamas gérant les “trusts” des Wildenstein, “instruments de la fraude”.

Il est reproché aux Wildenstein d’avoir dissimulé, lors des décès en 2001 puis 2008 du patriarche Daniel puis de son fils aîné Alec, la plus grande partie de leur fortune : plusieurs milliards d’euros en immeubles de prestige et tableaux de maître.

Le fisc français leur réclame, dans un contentieux parallèle au procès pénal, plus d’un demi-milliard d’euros. Les patriarches Daniel et Alec, très malades, ont fini leurs jours à Paris, leur résidence fiscale.

Publié le jeudi 22 mars 2018 à 16:32, modifications jeudi 22 mars 2018 à 16:32

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