Justice

Le “tireur de Libé” Abdelhakim Dekhar devant les Assises

En novembre 2013, Abdelhakim Dekhar, armé d’un fusil à pompe, avait fait irruption à BFMTV puis à Libération. Nommé “le tireur de Libé”, l’homme comparaît actuellement devant les assises pour “récidives de tentative d’assassinat et pour enlèvement et séquestration”.

C’est le 15 novembre 2013 que les faits se sont déroulés. Vers 7h du matin, Abdelhakim Dekhar pénètre dans l’accueil de la chaîne BFMTV. Armé d’un fusil à pompe, il pointe son arme vers le rédacteur en chef de la chaîne. L’homme manque sa cible du fait de “sa maladresse dans la manipulation de l’arme” selon l’accusation.

C’est trois jours plus tard qu’il se rendra dans les locaux du journal Libération. C’est à 10h du matin qu’il ouvre le feu à deux reprises dans le hall. Il blesse alors grièvement au thorax un assistant photographe, avant de s’échapper à pied. 1 h 30 plus tard, Abdelhakim Dekhar tire dans le quartier des affaires de la Défense. Trois coups de feu sont tirés devant une agence de la Société générale. Selon l’accusation, l’homme a visé deux salariées, sans parvenir à les toucher. 5 minutes après il prend brièvement en otage un automobiliste. Il ordonne à ce dernier de le conduire sur les Champs-Elysées. Après 2 jours de traque, l’homme est retrouvé le 20 novembre 2013.

Quelles étaient ses intentions ?

Mais qui est Abdelhakim Dekhar ? Âgé de 52 ans, cet homme lié aux milieux de l’ultra-gauche était déjà connu des services de police depuis un certain temps. En effet, il avait été condamné en 1998 à 4 ans de prison pour “association de malfaiteurs”. Il était soupçonné d’être en lien avec une fusillade au cours de laquelle trois policiers, un chauffeur de taxi et Maupin avaient été tués en 1994. De fait, Abdelhakim Dekhar était “le troisième homme” de l’équipée de deux membres de la mouvance de l’ultra gauche, Florence Rey et Audry Maupin. Sa peine correspondant au temps passé en détention provisoire, il avait été libéré juste après le procès, en octobre 1998.

En 2013, le procureur de Paris, François Molins, dévoile une lettre non-datée de l’accusé. Dans cette dernière, “le tireur de Libé” développe la théorie d’un “complot fasciste”, s’en prend au “capitalisme” et aux journalistes “payés pour faire avaler des mensonges”. Dans d’autres messages, l’homme se déclare également le porte-parole des opprimés.

Un procès sous tensions

Ce 17 novembre débute le procès d’assises du tireur. Les jurés auront une semaine pour tenter de cerner la personnalité assez floue de cet homme.

Sur le banc des parties civiles : Libération, la Société générale, le rédacteur en chef de BFMTV visé par l’arme, et l’assistant photographe blessé. La défense d’Abdelhakim Dekhar tentera de convaincre la cour que l’accusé n’avait pas l’intention de tuer. Jugé pour récidives de tentative d’assassinat et pour enlèvement et séquestration, Abdelhakim Dekhar encourt la perpétuité.

Enfin, l’homme qui l’a hébergé sera aussi jugé pour “destruction d’objet concernant un crime”.

Publié le vendredi 17 novembre 2017 à 12:36, modifications vendredi 17 novembre 2017 à 12:29

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