Justice

Affaire Adidas : Bernard Tapie accusé par ses adversaires d’instrumentaliser son cancer

Bernard Tapie, atteint d’un cancer, doit subir une lourde opération mardi 9 janvier. Il a reporté une convocation à Bruxelles prévue la veille. Ses adversaires dénoncent « une stratégie de retardement ».

Bernard Tapie est accusé de mettre en place une « stratégie de retardement ». Mais également « d’instrumentaliser sans pudeur sa maladie ». C’est en tout cas ce que lui reprochent les avocats du Consortium de réalisation (CDR), son adversaire depuis vingt-cinq ans dans l’affaire Adidas selon une information du Journal du Dimanche dans son édition du dimanche 7 janvier.

Ces gens-là veulent ma mort

Ainsi, alors qu’il doit être hospitalisé le 9 janvier pour une grave intervention chirurgicale, les avocats de la partie adverse se sont opposés au report d’une audience prévue la veille, lundi 8 janvier, dans un tribunal belge. En effet, ils contestent que son état de santé lui interdise d’y participer. Pis encore, ils l’accusent « d’instrumentaliser sans pudeur sa maladie ».

Nous regrettons et déplorons l’état de santé de M. Tapie. Néanmoins, son hospitalisation n’étant prévue que pour le 9 janvier, il est parfaitement possible qu’il assiste à l’audience du 8 janvier.

Ont-ils écrit le 2 janvier au tribunal de commerce de Bruxelles. En outre, ils ont précisé que

Le temps de trajet entre Paris et Bruxelles est inférieur à deux heures. Et ne fait pas obstacle à ce que M. Tapie puisse rentrer à Paris le 8 janvier. En vue de son hospitalisation le lendemain.

De son côté, Bernard Tapie a produit un certificat attestant qu’il doit « subir une lourde opération » mardi 9 janvier. Irrité, il a protesté :

Évidemment que si je pouvais être là j’y serais. J’ai été présent devant toutes les juridictions, sauf dans les affaires purement techniques. La réalité, c’est que ces gens-là veulent ma mort. On n’a jamais vu un acharnement pareil. Toutes les semaines, ils me sortent un truc nouveau. Ils veulent être sûrs de me finir.

Peut-on lire dans les colonnes du JDD.

L’affaire Adidas  : une procédure de longue haleine

Ce procès belge est un nouvel épisode dans la longue procédure de l’affaire Adidas. En effet, depuis l’annulation de l’arbitrage de 2008 favorable à Bernard Tapie, le CDR (organisme d’État qui dépend de Bercy) entend récupérer les 404 millions d’euros d’indemnités que l’homme d’affaires a été condamné à rembourser.

Or, le problème est que Bernard Tapie a fait placer son groupe sous une procédure de sauvegarde par le tribunal de commerce de Paris. Ce qui en interdit toute saisie. Face à cette situation, les avocats du CDR sont donc passés par la Belgique. Pays dans lequel se trouve le siège de GBT Holding, la société à travers laquelle l’homme d’affaires détient l’essentiel de ses biens. Ainsi, leur demande vise à faire déclarer GBT Holding créancière des sociétés françaises de Bernard Tapie. Le but étant d’en saisir les actifs en Belgique. Une première décision leur a déjà donné raison.

Par ailleurs, le parquet belge a lancé une autre procédure pour constater la faillite de Tapie. C’est donc l’enjeu de cette audience fixée ce lundi à Bruxelles.

Avant cela, le 25 octobre dernier, l’ex-propriétaire d’Adidas était venu se défendre devant les juges belges. C’était sa première apparition depuis l’annonce de son cancer, visage amaigri et cheveux clairsemés. À la barre, il avait assuré que les 404 millions d’euros qu’on lui réclame excédaient de loin ce qu’il avait perçu. Arguant que le CDR s’est directement remboursé de 165 millions d’euros d’anciennes créances sur les fonds de l’arbitrage.

On ne peut quand même pas me demander de rendre plus que ce que j’ai touché.

Déplorait alors Bernard Tapie.

Publié le lundi 8 janvier 2018 à 13:07, modifications lundi 8 janvier 2018 à 11:05

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