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Justice : Jawad Bendaoud, le logeur d’Abaaoud, expulsé de la salle d’audience lors de son procès

Jawad Bendaoud a été évacué de la salle d’audience lors de son procès pour trafic de stupéfiants en ce jeudi 26 janvier. Jawad Bendaoud était jugé aujourd’hui devant le tribunal correctionnel de Bobigny, en Seine-Saint-Denis. Son attitude a perturbé le bon déroulement du procès. Il a en effet été expulsé en tout début d’audience. Il a notamment insulté les policiers qui l’encadraient et est arrivé en hurlant.

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Jawad Bendaoud a donc refait parler de lui en cette journée du 26 janvier 2017. Il était jugé ce jeudi pour trafic de stupéfiants. Jawad n’a pas pu assister à l’audience pour laquelle il était convoqué. Il a en effet été expulsé quelques instants seulement après avoir pénétré dans la salle du tribunal de Bobigny.

Jawad Bendaoud est connu défavorablement des services de police. Il a notamment été le logeur du terroriste Abdelhamid Abaaoud en Seine-Saint-Denis (l’un des commanditaires et des responsables des attentats du 13 novembre).

Le procureur a requis ce jeudi un an d’emprisonnement à l’encontre de Jawad Bendaoud dans ce procès sur fond de trafic de drogue.

La colère noire de Jawad Bendaoud lors de son arrivée au tribunal de Bobigny

Jawad Bendaoud aurait dans un premier temps refusé de sortir de sa cellule d’après des informations de BFM TV. Il aurait fait son entrée dans la salle d’audience tout en étant escorté par plusieurs policiers. Jawad Bendaoud aurait hurlé et proféré des insultes à l’encontre des forces de l’ordre. Ses propos ont été relayées par la rédaction de L’Express et de BFM TV :

Fils de pute, tu crois que je suis un terro moi ? Attends que je sorte, je vais te niquer. […] Ils m’ont tapé à coups de matraque, j’ai rien fait. […] Je suis quoi moi ? Je suis Salah Abdeslam, moi ? J’ai tué qui ?

Suite à cette situation invraisemblable, cette attitude virulente et ces dérapages verbaux, la présidente du tribunal a exigé que Jawad Bendaoud soit évacué du box et de la salle d’audience.
L’avocat de Jawad Bendaoud, Me Xavier Nogueras, a formulé des excuses au début de sa plaidoirie. Il a indiqué que son client souffrait et se plaignait de ses conditions de détention. Jawad Bendaoud est placé à l’isolement depuis son interpellation en novembre 2015 :

C’est un pauvre garçon mais il mérite d’être respecté.

L’homme de paille des attentats du 13 novembre

Jawad Bendaoud avait été interpellé après avoir reconnu, dans une scène ubuesque sur l’antenne de BFM TV, avoir logé Abdelhamid Abaaoud, l’organisateur des attentats de Paris.

Il avait ensuite cherché à clamer son innocence. Il avait indiqué ne pas savoir qu’il s’agissait d’un terroriste. En garde à vue, il avait expliqué être à la tête d’un trafic de cannabis et de cocaïne. Cette stratégie était un axe de défense afin de justifier qu’il n’avait aucun lien avec les terroristes. Des sources proches du dossier évoquent le profil de Jawad Bendaoud comme celui d’un petit caïd et d’un marchand de sommeil.

Mohamed Soumah : l’homme de l’ombre

Un autre individu devait comparaître au tribunal de Bobigny à ses côtés. Mohamed Soumah est en effet également soupçonné d’avoir servi d’intermédiaire entre Jawad Bendaoud et la cousine d’Abaaoud, Hasna Aïtboulahcen.

Lors de l’audience, Mohamed Soumah a demandé à exercer son droit au silence sur le trafic de stupéfiants. Il a assuré avoir changé et désire tourner la page :

J’aimerais dire que depuis que suis petit, j’ai fait beaucoup de conneries, beaucoup de vols. C’était pas facile à la maison.

Jawad Bendaoud : un détenu sur le point de craquer psychologiquement

Cette attitude excessive, désespérée et agressive de la part de Jawad Bendaoud lors de l’audience de jeudi intervient après plusieurs signaux d’alerte envoyés par le prévenu lui-même. En octobre dernier, il avait adressé une lettre au juge d’instruction. Il affirmait « péter un plomb » en détention. Il continuait de clamer son innocence et évoquait même des tendances suicidaires :

Vous cherchez quoi au juste, qu’à force de craquer je commette l’irréparable. Je suis quelqu’un de violent depuis tout jeune.

Jawad Bendaoud aurait tenté de mettre le feu à sa cellule et de se suicider par la même occasion.

Après l’incident en plein cœur du tribunal de Bobigny, il a été reconduit en détention et placé à l’isolement. Il est actuellement incarcéré à la prison de Villepinte, en Seine-Saint-Denis. Jawad Bendaoud n’a donc pas pu livrer sa version des faits sur l’affaire de trafic de stupéfiants. Son implication et son rôle exact restent une énigme pour la justice et les familles de victimes des attentats du 13 novembre.

Publié le jeudi 26 janvier 2017 à 18:59, modifications mardi 30 janvier 2018 à 17:54

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