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Jawad Bendaoud se confie dans une interview pour Libération

Le "logeur de Daesh" se livre sur son isolement et sa notoriété pesante

Jawad Bendaoud s'est confié lors d'un entretien accordé à Libération.

Dans un entretien accordé à Libération, Jawad Bendaoud a évoqué l’isolement dans lequel il vit, les menaces et propositions diverses qu’il reçoit en permanence sur les réseaux sociaux, ainsi qu’un futur projet qu’il aimerait concrétiser.

Libération s’est récemment entretenu avec Jawad Bendaoud, le “logeur” de deux terroristes des attentats du 13 novembre. Relaxé il y a deux mois, Jawad Bendaoud vit aujourd’hui complètement isolé. A travers cet entretien, l’homme a une nouvelle fois clamé son innocence.

Suite à une opération policière menée à Saint-Denis durant laquelle les deux derniers terroristes responsables des attentats du 13 novembre 2015 furent abattus, Jawad Bendaoud a été mis en examen par la police. Il était soupçonné de “recel de malfaiteurs terroristes” mais a finalement été relaxé en première instance. Entre-temps, l’individu a passé 27 mois à l’isolement total, à Beauvais et à Fresnes.

Jawad Bendaoud vit dans “une détresse absolue”

D’après les journalistes de Libération, l’ancien marchand de sommeil vit aujourd’hui dans une précarité totale. Sans l’aide de son avocat Xavier Nogueras, qui lui règle ses notes d’hôtel, il n’aurait pas la possibilité de se loger. Même s’il a été reconnu non coupable, Jawad Bendaoud continue de scander qu’il n’est pas un terroriste. Il a en effet affirmé à Libération :

Je suis pas un “terro” je vous dis. Je vous le jure sur mon fils que je ne savais pas qui était Abaaoud. J’aurais foutu ma vie en l’air pour 150 balles ? Franchement… C’est ce que je me faisais en dix minutes en vendant de la coke et du crack. Wallah, je suis pas un putain de terro !

Au cours de l’entretien, il multiplie les déclarations similaires à celles qui ont fait énormément parler durant son procès. Avec sa répartie habituelle, il avoue notamment qu’un ami l’aurait un soir conduit à La Bonne Bière, l’un des établissements pris d’assaut lors des attentats du 13 novembre. Conscient de la pression sociale à laquelle il est exposé, Jawad Bendaoud explique s’être emporté ce soir-là, effrayé à l’idée d’être reconnu.

Suite à sa sortie de prison, l’ancien dealer s’est réfugié à Barcarès, dans la demeure de sa compagne. En accordant une interview à BFMTV, il ne s’attendait pas à ce que des habitants de la ville reconnaissent la plage sur laquelle il était filmé. Face à l’hostilité de certains habitants et responsables politiques, Jawad Bendaoud a préféré partir.

Des propositions et menaces qui s’enchaînent sur les réseaux sociaux

Les insultes, menaces de mort et autres tentatives d’escroquerie sont apparemment fréquentes pour l’individu âgé de 31 ans. A ce sujet, Jawad Bendaoud affirme :

Franchement, il y a de quoi devenir fou, chef. J’ai envie de faire plein de conneries, mais faut pas

L’ancien marchand de sommeil reçoit également de nombreuses propositions de la part d’escort-girls ou de jeunes femmes, parfois mineures, qui ne l’ont jamais rencontré. Il explique qu’il préfère ignorer celles qui ne sont pas à son goût et mettre de côté celles qui lui plaisent le plus. Libération affirme que les tentations sont nombreuses pour Jawad.

Ce dernier explique par ailleurs qu’il y avait eu des tentatives en prison pour qu’il se radicalise. Il ajoute à cela :

Sauf que moi, en taule, les gars de Daech voulaient me fumer parce que j’écoutais Booba et que je jouais à la Xbox.

Celui qui est régulièrement pris en photo et auquel on demande des selfies a cependant une idée de reconversion. Après avoir été dealer, marchand de sommeil et avoir été lié à des affaires de prostitution, Jawad Bendaoud voudrait publier son autobiographie. Il chercherait actuellement un auteur pour la rédiger. Malgré l’isolement, qui l’aurait “massacré” selon son avocat, Jawad Bendaoud garde l’espoir de vendre de milliers d’ouvrages.  D’ici-là, il devra d’abord se rendre à son procès en appel, qui se déroulera 21 novembre prochain.

Publié le samedi 14 avril 2018 à 9:13, modifications samedi 14 avril 2018 à 9:18

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