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Jacqueline Sauvage parle pour la première fois : « Je regrette ce geste, d’avoir tué »

Graciée par le président de la République, Jacqueline Sauvage se confie pour la première fois depuis le début de l’affaire et adresse un message à toutes les femmes battues.

Son histoire a ému des milliers de Français. Après des années à subir des violences conjugales de la part de son mari alcoolique, Jacqueline Sauvage tuait celui-ci en 2012 de trois coups de fusils dans le dos. Un acte désespéré qui lui a valu une condamnation à dix ans de prison. Une sentence qui a suscité une vague de consternations.

Alors que de nombreux anonymes et plusieurs personnalités se sont mobilisés pendant des semaines pour la libération de Jacqueline Sauvage, François Hollande annonçait le 31 janvier dernier qu’il lui accordait une «remise gracieuse de sa peine d’emprisonnement» et qu’elle pouvait ainsi demander sa libération conditionnelle «immédiatement».

Alors qu’elle devrait être libérée à partir du milieu du mois d’avril 2016, Jacqueline Sauvage s’exprime pour la première fois depuis le début de l’affaire. Et c’est depuis sa prison qu’elle a accepté de répondre aux questions de L’Obs.

Jacqueline Sauvage est notamment revenu sur cette nuit tragique où elle a tué son mari :

J’étais dans une situation où je ne voyais plus d’issue pour sauver mon existence, j’ai eu très peur pour moi et mes enfants. Et oui, je regrette ce geste, d’avoir tué, mais pendant cet instant très bref où j’ai tiré, je ne me contrôlais plus. C’est dans cet état que m’avait poussée la violence perpétuelle de mon mari.

Alors que des milliers de personnes ont soutenu son histoire, Jacqueline Sauvage continue :

Je suis devenue un symbole sans le vouloir. Moi, je n’avais jamais rien demandé de ma vie, je n’ai jamais été aidée par quiconque. Et puis il y a eu ce jour-là, c’est la Cocotte-Minute qui a explosé. Je pense que beaucoup de femmes se reconnaissent dans cette histoire, je m’en rends bien compte à travers tous les courriers que je reçois. Ces femmes subissent, comme je l’ai vécu, la violence de leurs conjoints, terrifiées et humiliées. J’aimerais un changement des lois et des mentalités, pour que les femmes battues et leurs familles en détresse soient reconnues pour ce qu’elles sont, des victimes.

Alors qu’elle devrait bientôt retrouver ses proches, Jacqueline a tenu à adresser un message à toutes les femmes qui traversent aujourd’hui la même épreuve :

On ne doit pas se laisser faire, recevoir des claques n’est pas normal. (…) Chaque couple à son mode de vie, il faut mettre des barrières avant que ce soit trop tard, réfléchir, et surtout ne pas avoir d’enfant dans un couple violent. Ils servent si souvent de chantage pour la personne violente. Je veux aussi alerter sur le chantage sentimental qui est très efficace pour celui qui frappe, et très dangereux pour les victimes qui s’y enfoncent. Je veux aussi que toutes ces femmes trouvent la force de se méfier des regrets du lendemain, qui sont également des pièges dans lesquels on tombe, car hélas, la personne violente n’est pas sincère du tout dans ses aveux.

Publié le samedi 13 février 2016 à 17:42, modifications samedi 13 février 2016 à 17:51

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