Faits divers

Gard : Le directeur d’un collège renvoyé pour avoir rapporté le viol d’un élève aux forces de l’ordre

Paul Gobillot, directeur d’un collège privé à Saint-Ambroix, vient d’être licencié pour avoir prévenu les gendarmes avant sa hiérarchie d’un viol commis par des élèves de son établissement. En pleine bataille juridique, l’homme peut compter sur les 18 des enseignants du collège qui le soutiennent.

Après trente-huit années passées auprès de ses 300 élèves, Paul Gobillot, directeur d’un collège privé à Saint-Ambroix, vient d’être relevé de ses fonctions. Son tort ? Il n’aurait pas alerté sa hiérarchie avant de contacter la gendarmerie au sujet d’un viol entre élèves de 4e. Une décision l’organisme de gestion de l’établissement qui attère les enseignants racontent nos confrères de Ouest France.

Il n’aurait pas « suivi le protocole hiérarchique »

Les faits se déroulent à Saint-Ambroix (Gard), une commune de 3 200 habitants au cœur des Cévennes. Deux élèves auraient violé leur victime avant de la frapper violemment lors d’un voyage scolaire à Malte. La scène, filmée, a été ensuite diffusée sur un réseau social. Le principal, mis au courant de ces agissement fin mars 2018, avait alors dénoncé l’affaire en se rendant à la gendarmerie avec les parents de la victime.

Toutefois, Paul Gobillot est suspendu. La direction diocésaine, lui reproche d’avoir prévenu sa hiérarchie seulement après avoir prévenu les gendarmes. En clair, il n’aurait pas « suivi le protocole hiérarchique ». Ce 21 juin, c’est confirmé, Paul Gobillot vient d’être licencié.

Son avocat, Me de Lumley, se dit “atterré”.

Il s’agit d’une véritable chasse à l’homme car ce directeur a prévenu les gendarmes dès sa connaissance des faits. Rien n’a été caché. Bien au contraire. Qu’est ce qui dérange tant dans sa démarche ? Eh bien comme la loi le stipule les officiers de police judiciaire sont tenus d’informer le procureur. La meilleure preuve en est la mise en examen de ces adolescents.

Avant d’ajouter :

C’est un tissu de contrevérités. Comme ils n’ont rien à lui reprocher, ses détracteurs le rendent aussi responsable d’un mauvais changement de porte lors de travaux au collège en 2015 !

affirme-t-il au Parisien.

Me de Lumley prépare plusieurs recours devant les Prud’hommes et devant la justice pénale pour diffamation.

Soutenu par ses collègues

Ainsi, Paul Gobillot était très apprécié par ses collègues. 18 sur les 21 enseignants du collège catholique le défendent.

Mobilisation à Saint-Ambroix. Source : objectifgard.com

Nous avons peur pour l’avenir de l’établissement, pour les élèves, notamment les plus en difficulté, puisque la classe des décrocheurs vient d’être fermée et transférée à 22 km.

indique Ghislaine Pialet, prof de français, relayée par Ouest-France. Cette dernière ajoute que l’ex directeur était dans le collimateur des gestionnaires catholiques depuis plusieurs mois.

Les deux élèves présumés de l’agression ont été mis en examen pour “viol en réunion”. Ils ont été placés sous contrôle judiciaire avec obligation d’éloignement de la victime.

Contactés, Jérôme Martine – directeur diocésain du Gard – et Bernard Vidal – président de l’Ogec – restent injoignables selon le quotidien.

Publié le vendredi 22 juin 2018 à 15:08, modifications vendredi 22 juin 2018 à 14:32

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