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Affaire Daval : Le rapport d’expertise de l’autopsie d’Alexia Daval contredit toutes les versions de Jonathann

Les médecins ont permis d'établir la cause de la mort et ses conditions, loin d'être accidentelles

Affaire Daval : Le rapport d'expertise de l'autopsie d'Alexia Daval contredit toutes les versions de Jonathann

Les résultats de l’autopsie complète du corps d’Alexia Daval, que son époux Jonathann Daval a avoué avoir étranglée en octobre 2017 viennent corroborer l’hypothèse d’une lutte avant l’étranglement qui serait « accidentel » selon les dires de l’accusé.

STORY - Episode 28/33

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Après avoir pris connaissance du rapport d’expertise, L’Est Républicain révèle que la jeune femme, dont on savait le corps partiellement calciné, a été brûlée à 30%, et bien qu’aucune fracture n’ait été constatée sur son crâne, des « coups multiples » lui ont été portés au visage et au cuir chevelu.

Ces précisions sont d’autant plus importantes qu’elles mettent à mal l’ensemble des trois versions données successivement par Jonathann Daval. Pour rappel, l’informaticien s’était d’abord présenté en veuf éploré ayant découvert le corps de sa femme aux abords d’un bois en Haute-Saône, puis en meurtrier malgré lui, ayant étouffé son épouse par accident, en la serrant contre lui lors d’une violente dispute. Enfin, il se dit désormais témoin d’un drame survenu lors d’une soirée familiale, impuissant face à la mort d’Alexia causée par son beau-frère Grégory Gay à la suite d’une crise d’hystérie de celle-ci. Le point commun entre ces trois récits étant l’absence de préméditation et de volonté de donner la mort.

La strangulation validée

Le médecin légiste a confirmé que la cause du décès d’Alexia Daval est bien la strangulation. Comme l’indique le rapport cité par le journal : « […] la présence de tâches de Tardieu sur les poumons ne laisse pas de place au doute quand à la cause de la mort : asphyxie mécanique. ». L’expertise du corps relevant des « lésions écchymotiques récentes » a permis de déduire que la strangulation aurait été manuelle.

Pas de fractures mais des coups et des lésions

Contrairement à ce qui était affirmé lors des premiers échos de l’autopsie au début du mois de juillet, le crâne de la victime ne présente pas de fractures. Le rapport d’expertise permet de conclure que « la structure osseuse du crâne est indemne de toute lésion fracturaire. », comme le précise le journal local dans ses colonnes.

En revanche, de multiples coups auraient été infligés à la jeune femme, au visage et à la tête et ce « du vivant de cette dernière ». Si ses bras ne présentent pas de lésions de défense, son dos présente des « lésions contuses », ce qui pourrait correspondre aux signes d’une « lutte » ou d’un « plaquage violent » au sol. Ces constats qui témoignent d’une lutte entre le meurtrier et la victime vont à l’encontre des différentes versions du drame données par Jonathann, dans lesquelles Alexia finit étranglée par accident, alors que lui-même ou Grégory Gay auraient tenté de calmer sa crise d’hystérie.

Des brûlures localisées, toujours sans auteur

Enfin, l’autopsie s’est penchée sur les brûlures que la jeune femme a reçues après sa mort et dont l’origine reste encore inconnue des enquêteurs. Les médecins ont relevé qu’environ 30% du corps de la victime a été touché par la carbonisation post-mortem, déclenchée en « plusieurs foyers distincts » sur « la partie antérieure du corps » ; notamment au cou, aux membres supérieurs, dont les mains. La « région abdomino-pelvienne » aurait également été touchée jusqu’aux cuisses, ainsi que le pied gauche.

Dans ses aveux, Jonathann Daval nie fermement être à l’origine de ces brûlures, y compris dans ses dernières déclarations où il accuse son beau-frère et dit avoir déposé en personne le corps, le matin ayant suivi le meurtre. L’Est Républicain rappelle qu’une bouteille de produit inflammable endommagée a été retrouvée à une centaine de mètres du corps.

L’enquête concernant le suicide d’un homme dont la dépouille a été retrouvée à proximité de l’endroit où Alexia a été découverte pourrait éclaircir certains de ces mystères, notamment étayer ou non la thèse d’une complicité soutenue par Maître Florand, avocat de la famille de la victime. Il s’agit de Yannick Chevallier, un homme de 38 ans, tué d’une balle dans la tête dans un cabanon de jardin à Esmoulin, dans la zone où serait survenu le meurtre d’Alexia Daval.

Les résultats des tests ADN permettront de conclure si l’homme s’est réellement suicidé et s’il peut être lié à la mort d’Alexia. La réponse devrait être donnée avant le 18 septembre, soit au terme du « délai légal de réponse », comme le confirmait en juin Me Jean-Marc Florand.

Publié le mardi 24 juillet 2018 à 16:11, modifications mercredi 25 juillet 2018 à 11:46

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