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Etats-Unis : Gina Haspel, ancienne espionne controversée, devient la première femme directrice de la CIA

Gina Haspel est la nouvelle directrice de la CIA. Pourtant, cette ancienne espionne de 61 ans est impliquée dans le scandale des tortures perpétrées par la CIA après les attentats du 11-Septembre.

Il s’agit d’une nomination aussi historique que controversée. En effet, Gina Haspel est la première femme à prendre la direction de la CIA. Elle a été choisie, mardi 13 mars, pour remplacer l’ancien directeur, Mike Pompeo, nommé par Donald Trump au poste de secrétaire d’Etat.

Toutefois, le passé de cette ancienne espionne de 61 ans fait déjà polémique.

De brillants états de service

Spécialisée dans les opérations clandestines, Gina Haspel a rejoint la CIA en 1985. Après avoir gravi tous les échelons, elle a servi dans plusieurs endroits du monde. Notamment à Londres à la fin des années 2000.

Gina est une espionne exemplaire et une patriote dévouée qui apporte plus de trente ans d’expérience dans l’agence. Elle est aussi une dirigeante expérimentée avec une aptitude fantastique à faire les choses. Et inspirer ceux qui l’entourent.

Avait déclaré Mike Pompeo en la nommant numéro 2 de l’agence il y a un an.

Ainsi, ses états de service sont exemplaires. En témoigne la liste de ses distinctions : Prix George H. W. Bush pour l’excellence dans la lutte contre le terrorisme; le Donovan Award et la Médaille du mérite du Renseignement. Elle arbore aussi sur le revers de sa veste le Presidential Rank Award, la distinction la plus prestigieuse que puisse décrocher un agent fédéral civil.

Impliquée dans le scandale des tortures

Toutefois, le nom de Gina Haspel reste depuis plusieurs années associé aux crimes et bavures commis sous l’administration Bush. En effet, elle est généralement associée au scandale des tortures perpétrées par l’agence après le 11-Septembre. Nommée en 2013 à la tête du Service national clandestin de la CIA, Gina Haspel avait été remplacée après seulement quelques semaines. Apparemment en raison de doutes sur sa responsabilité dans la mise en place, après les attentats, de prisons secrètes à l’étranger. Dans celles-ci des méthodes telles que la simulation de noyade, assimilée à de la torture, étaient employées pour interroger les suspects.

A l’époque, le Washington Post avait déclaré :

Gina Haspel a géré une prison secrète en Thaïlande où les détenus étaient soumis à des simulations de noyade. Et à d’autres mauvais traitements.

En outre, le quotidien américain avait affirmé que Gina Haspel avait aussi été impliquée dans la destruction, en 2005, de vidéos compromettantes. Ces dernières révélaient les techniques « d’interrogatoire poussé » appliquées sur plusieurs détenus en Thaïlande. Ces cassettes qui, selon des documents déclassifiés de la CIA produits en 2012 devant la Commission spécialisée du Sénat, montraient clairement la brutalité des méthodes employées. Notamment pour Abu Zubaydah, un Palestinien suspecté d’être un leader d’Al Qaïda.

Privé de sommeil, il a été soumis 83 fois à des simulations de noyade. Tous les jours sa tête était frappée violemment contre les murs.

Avait écrit le New-York Times.

La nomination de Gina Haspel intervient dans un contexte où le flou règne sur la conduite à tenir dans les enquêtes et les interrogatoires de suspects liés à des activités terroristes. Or, à maintes reprises, Donald Trump a scandé :

La torture, ça fonctionne.

Cependant, il a assuré qu’il allait laisser Mike Pompeo et son secrétaire à la Défense, James Mattis, prendre la décision d’y avoir recours ou non. Ce dernier a fait déjà savoir qu’il y était fermement opposé.

Publié le mercredi 14 mars 2018 à 11:00, modifications mercredi 14 mars 2018 à 17:27

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