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Attaque de policiers à Magnanville en 2016 : Une fichée S détenait le nom de 2.626 policiers

Une jeune femme, placée en garde à vue dans l’enquête sur le double meurtre des policiers de Magnanville, détenait sur clé USB le nom de 2.626 policiers.

Pourquoi et comment Larossi Aballa a-t-il ciblé le policier Jean-Baptiste Salvaing et sa compagne Jessica Schneider, assassinés à leur domicile de Magnanville en juin 2016 ? Cette interrogation au coeur de l’enquête semble trouver des éléments de réponse depuis le début de la semaine.

Arrestation d’une policière

L’instruction avait connu un nouveau rebondissement lundi 9 avril avec l’interpellation de six personnes. Parmi elles se trouvaient une policière ex-responsable départementale du syndicat Alliance et sa fille. Or, de nouveaux éléments révélés par Le Point ce mardi 10 avril laisse entrevoir un scénario. En effet, parmi les six personnes places en garde à vue lundi, Mina B., une jeune femme fichée S, est suspectée d’appartenir à la mouvance radicale. Par ailleurs, les enquêteurs savent désormais que la suspecte était l’amie de la fille de cette policière déléguée syndicale dans les Yvelines. Et, surtout, que la policière l’avait accueillie pendant plusieurs mois chez elle en 2016.

Ainsi, il semble qu’elle pourrait bien être la pièce maîtresse de l’enquête. Car il y a un an environ, les policiers ont découvert lors d’une perquisition conduite en avril 2017 chez cette suspecte, fichée S, une clé USB. Celle-ci contenait des informations très sensibles. Dans l’un des documents vieux de 2008 figurait près de 2.626 noms de policiers. Toujours selon Le Point, cette liste, que Mina B. avait pris soin d’effacer, contiendrait les noms, matricules et affectations d’agents. Tous issus de la Direction centrale des renseignements généraux (DCRG) et de la Direction de la surveillance du territoire (DST). Ces deux services ont partiellement fusionné pour créer l’actuelle DCRI. Bien que sensibles, ces données auraient été transmises à l’ensemble des agents des administrations concernées. Ainsi qu’à toutes les personnes présentes lors d’une commission réunie en juin 2008, syndicats compris.

Le parquet de Paris ouvre une enquête

Ainsi, comme se demande L’Express, est-ce à l’occasion de la cohabitation avec la fille de la policière interpellée lundi que «Mina B.», aurait mis la main sur cette fameuse liste ? Selon Le Point, plusieurs sources au sein des services de renseignements estiment en tout cas que la policière aurait transmis cette clé USB à sa fille, après en avoir effacé les données.

Le parquet de Paris a depuis ouvert une nouvelle enquête. Il cherche à déterminer comment cette femme s’est retrouvée en possession de ce fichier. Les trois femmes ont été placées en garde à vue depuis mardi 10 avril dans le dossier de Magnanville. En outre, les policiers assurent que le frère de la jeune femme fichée S était en relation avec le terroriste Larossi Aballa.

Néanmoins, contacté par Le Point, le parquet de Paris n’a pas souhaité commenter ces nouveaux éléments. De son côté, l’avocat de la jeune femme a fermement répliqué. Il a nié que sa cliente « ait pu être en contact» avec le meurtrier présumé du couple de fonctionnaires. Son défenseur a rappelé qu’en 2016, la policière, déléguée départementale du syndicat Alliance avait fait l’objet d’une enquête de l’IGPN. Il lui avait été reproché de ne pas avoir informé sa hiérarchie qu’elle hébergeait une fichée S. Pourtant, à l’époque, la « police des polices » n’avait révélé aucun fait répréhensible.

Publié le mercredi 11 avril 2018 à 12:59, modifications mercredi 11 avril 2018 à 10:46

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