Actualité

Antarctique : Le mystère des « cascades de sang » enfin élucidé

Plus d’un siècle après leur découverte en 1911, des glaciologues annoncent avoir pu résoudre le mystère des fameuses « Blood Falls » ou « cascades de sang » qui s’écoulent de l’Antarctique.

En 1911, le géo-scientifique britannique Thomas Griffith Taylor a découvert un endroit très spécial en plein Antarctique. En effet, de temps à autre, de l’eau rouge s’écoule le long du glacier, sans que personne n’ait pu jusqu’alors expliquer ce phénomène.

Avec les années, les scientifiques en ont déduit que la couleur était due au contact entre l’oxyde de fer présent dans l’eau et l’oxygène de l’air. Un cas classique de rouille, mais qui a valu au glacier Taylor le surnom de Blood Falls, «Cascades de sang».

Pourtant, personne n’avait encore réussi à déterminer avec précision d’où venait cette eau particulièrement riche en fer.

Or, une étude récente publiée le 24 avril dernier dans The Journal of Glaciology, a donné la réponse à cette énigme.

Ainsi, des chercheurs du Colorado College et de l’université d’Alaska Fairbanks expliquent que tout part d’un réservoir d’eau salée pris au piège sous le glacier Taylor.

Nous savions qu’il y avait un écoulement d’eau salée qui créait la cascade, et que l’étude de 2015 montrait presque déjà que cette eau salée venait de sous le glacier. Le mystère qui demeurait, c’était le lien entre cette source et l’écoulement.

A expliqué Jessica Badgeley, du Colorado College, à Popular Science.

Exploration des entrailles du glacier

Pour en arriver à cette conclusion, les chercheurs ont utilisé une méthode radar couramment employée pour explorer l’intérieur des glaciers.

Nous avons bougé les antennes à travers le glacier selon des modèles semblables à une grille. Afin que nous puissions voir ce qui se trouvait en dessous de la glace.

A détaillé Christina Carr, doctorante de l’Université de l’Alaska de Fairbanks et co-auteur de l’étude.

Grâce à cette technique, les scientifiques ont pu suivre le chemin de la saumure des profondeurs du glacier Taylor jusqu’à la surface.

Un parcours de 300 mètres qui a également permis de comprendre comme l’eau parvient à ne pas geler dans de telles conditions alors que les spécialistes pensaient cela quasiment impossible.

En effet, sous la surface du glacier, il fait extrêmement froid mais le lac parvient à continuer de couler. Ceci est dû à la salinité inhabituellement élevée de ces eaux. Cette forte concentration en sel a pour effet de faire baisser la température de gel de l’eau. Une conséquence qui se combine à un autre phénomène : l’eau a tendance à s’auto-réchauffer.

En circulant, l’eau ne reste pas en profondeur. Sous la pression, elle finit par se faufiler à travers des canaux. Et remonter vers la surface où la réaction entre l’oxyde de fer de l’eau et l’air a lieu. Créant les coulées sanglantes.

A poursuivi la chercheuse.

Une fonte des glaciers accélérée

Cependant, la conclusion de l’étude fait froid dans le dos :

L’existence d’un système hydrologique actif dans le glacier de Taylor a de grandes incidences sur les systèmes glaciaires de la région. De tels systèmes hydrologiques sous la glace peuvent avoir pour conséquences des glissements. Une glace plus molle et une fonte accélérée.

Bref, la fonte des glaces pourrait être plus rapide que prévu alors que l’on croyait l’Antarctique préservé, au moins pour un temps, de ce fléau qui menace l’Arctique.

Publié le jeudi 4 mai 2017 à 15:29, modifications jeudi 4 mai 2017 à 15:14

Vous aimerez aussi

Participer:

Proposer une correction Ecrire un article sur le sujet

Suivez-nous:

Discuttez !