Environnement

Le changement climatique pourrait engendrer 143 millions de migrants à l’horizon 2050

La Banque mondiale estime que 140 millions de migrants climatiques pourraient fuir les effets du changement climatique d’ici 2050.

Dans un rapport publié lundi 19 mars, la Banque mondiale a estimé que plus de 140 millions de personnes pourraient migrer d’ici 2050 dans trois régions du monde en développement. D’ici quarante ans, ces populations, appelés migrants climatiques, vont chercher à fuir les effets du changement atmosphérique. Tels que la baisse de la production agricole, la pénurie d’eau, ou encore la hausse du niveau des mers. Ce document s’illustre par le caractère inédit dédié à la question des déplacements de populations directement liés aux effets du changement climatique.

Chaque jour, le changement climatique devient une menace économique, sociale et existentielle plus forte.

A expliqué Kristalina Georgieva, la directrice générale de la Banque mondiale.

Nous le constatons dans les villes confrontées à des crises de l’eau sans précédent. Dans les régions côtières expérimentant la vague de tempêtes destructives. Dans les régions agricoles qui ne peuvent plus produire de cultures essentielles.

Trois régions touchées

Par ailleurs, elle a souligné que le changement climatique est devenu « un moteur de migration ». En effet, des familles entières et même des communautés vont chercher des endroits plus viables.

Ainsi, si rien n’est fait d’ici cette échéance, l’institution internationale a chiffré à 86 millions les «migrants climatiques» potentiels en Afrique subsaharienne. Ils seront 40 millions en Asie du Sud. Et 17 millions en Amérique latine. Or, ces trois régions du monde représentent 55% de la population des pays en développement. En outre, ces « migrants climatiques » viendraient s’ajouteraient aux millions de personnes qui sont déjà déplacées. Soit pour des raisons politiques, économiques ou sociales.

Les auteurs du rapport ont mené trois études de cas pour chiffrer le phénomène. L’une sur l’Ethiopie où la croissance démographique pourrait atteindre 85% d’ici 2050 et les migrations augmenter en raison de la baisse des récoltes. Une autre étude a été conduite sur le Bangladesh où les « migrants climatiques » risquent d’être plus nombreux que tous les autres types de déplacés internes en raison d’une grave crise de l’eau. Enfin, la dernière étude se focalise sur le Mexique où les migrations depuis les régions vulnérables au changement climatique vers les zones urbaines devraient s’accentuer.

Prévenir des crises humanitaires

Néanmoins, la Banque mondiale a insisté sur l’importance d’éviter que ces déplacements de populations liés au changement climatique ne dégénèrent en crise humanitaire. En effet, les chercheurs ont analysé que leur nombre pourrait ainsi être réduit jusqu’à 80%. Pour cela, les gouvernements du monde entier doivent agir sur plusieurs fronts :

  • en réduisant les émissions de gaz à effet de serre,
  • en intégrant ces déplacements de populations dans les plans de développement,
  • et en investissant pour mieux comprendre les processus de migration climatique interne.
Publié le mardi 20 mars 2018 à 11:58, modifications mardi 20 mars 2018 à 10:14

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