Pour économiser 30 milliards, l’Etat s’attaque aux ALD

Par Nassim Terki Publié le 28/04/2024 à 16:00
Collage personne âgée avec écriteau ALD - Affection de Longue Durée

Le gouvernement français cherche à réduire les dépenses de santé en se questionnant sur la prise en charge des affections de longue durée (ALD).
Une possible réduction de la prise en charge de l'Assurance-maladie pour les ALD pourrait impacter les complémentaires santé et les ménages.
Une collaboration entre acteurs publics et privés est envisagée pour trouver des solutions alternatives et repenser le modèle de prévention en santé.

La santé de notre système de soins est comme une pièce de théâtre, avec le gouvernement jonglant entre les économies nécessaires et le bien-être des citoyens.

La quête d'économies dans le système de santé français soulève des questions épineuses quant à la prise en charge des affections de longue durée. Entre désengagement de l'Assurance-maladie et répercussions sur les complémentaires santé, le débat s'annonce complexe et délicat à naviguer.

Vers une réforme de la prise en charge des affections de longue durée

Le gouvernement français se trouve à un tournant délicat de sa politique économique, cherchant à réduire les dépenses de la Sécurité sociale pour équilibrer les finances publiques. Une des pistes explorées concerne la prise en charge des affections de longue durée (ALD) dites "exonérantes", qui représentent une part importante des dépenses remboursées par l'Assurance-maladie. Cette mesure, qui toucherait directement ou indirectement les complémentaires santé et les ménages, soulève déjà des interrogations et inquiétudes.

Avec un objectif de 30 milliards d'euros d'économies d'ici 2025, le gouvernement se penche sur les ALD, qui représentent 66 % des dépenses remboursées et concernent principalement 18 % de la population, majoritairement des retraités. Plusieurs options sont envisagées, telles que la réduction du nombre de pathologies éligibles aux ALD ou le durcissement des conditions d'éligibilité et de maintien des droits. Une autre possibilité serait la réduction de la prise en charge de l'Assurance-maladie, avec la création éventuelle d'un ticket modérateur.

Quel que soit le choix retenu, les ménages devraient faire face à des conséquences importantes. Il est probable que le gouvernement cherche à transférer une partie de la charge aux organismes complémentaires d'assurance-maladie (OCAM), mais ces derniers pourraient être contraints d'augmenter les cotisations des assurés de 20 % à 40 %. Cette mesure, impopulaire, mais nécessaire pour atteindre les objectifs budgétaires, impliquerait des répercussions significatives pour près de 13 millions de personnes touchées par les ALD.

Unir public et privé pour une santé préventive durable

Réunir autour de la table les principaux acteurs du secteur public et privé est devenu une priorité pour trouver des solutions innovantes à nos défis de santé. Thomas Fatôme, directeur général de la CNAM, et Franck Von Lennep, directeur général de la Sécurité sociale, ont récemment partagé leur ouverture à collaborer avec les complémentaires santé lors d'une audition devant les sénateurs.

Repenser notre approche de la prévention est essentiel pour garantir un système de santé solide et durable. La Cour des comptes a souligné le manque d'adhésion des Français aux programmes de prévention, affectant ainsi leur efficacité. Par exemple, 72 % des femmes de moins de 30 ans n'ont pas consulté de professionnel de santé pour un suivi gynécologique dans les deux dernières années, mettant en lumière un problème plus large de négligence en matière de santé préventive.

Une collaboration accrue entre le secteur public et les organismes complémentaires d'assurance maladie pourrait permettre une communication plus directe et efficace avec les Français.

Passionné par l'écriture et la découverte de nouveaux horizons, je m'attelle à rédiger des articles sur une multitude de sujets avec curiosité et rigueur. Contribuer à la couverture de l'actualité est pour moi un véritable défi quotidien.

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