Politique

Mouvement des Jeunes socialistes : Thierry Marchal-Beck accusé de harcèlement et d’agressions sexuelles

Huit femmes ont accusé dans Libération Thierry Marchal-Beck, un ancien président du Mouvement des Jeunes socialistes de harcèlement et d’agressions sexuelles.

Accusé de violences sexuellesThierry Marchal-Beck, ancien président du Mouvement des jeunes socialistes (MJS) de 2011 à 2013, a été mis en cause par huit femmes. Ces dernières ont témoigné dans les colonnes de Libération mardi 14 novembre. À la suite de ces révélations, le Parti socialiste a réclamé des « suites judiciaires ».

Des témoignages glaçants

En publiant les témoignages anonymes de ces huit femmes, Libération a précisé que

Dans leur grande majorité, ces faits sont prescrits. Ils n’ont pour l’instant pas fait l’objet d’une plainte. Même si deux victimes y réfléchissent.

En effet, les faits se sont produits avant et après l’accession de Thierry Marchal-Beck à la tête des jeunes socialistes, à la fin 2011. Toutefois, les femmes décrivent toutes le même « mode opératoire » du militant. Ainsi, l’agresseur présumé aurait, pour la plupart, plaqué ses victimes contre un mur, aurait tenté de les embrasser et glissé sa main sous leur T-shirt ou leur jupe.

L’une d’elles, responsable fédérale du MJS et membre du bureau national, a expliqué que Thierry Marchal-Beck avait tenté de « lui imposer une fellation ».

Dans son bureau, il ouvre sa braguette, il prend ma tête. L’approche de son sexe pour m’obliger à lui faire une fellation. Je le repousse très fort, je l’insulte. Et je pars en courant.

Une autre femme a raconté que Thierry Marchal-Beck « plaque ses mains sur ses seins et les malaxe devant ses amis qui assistent, bouche bée, à la scène, de face ». Une troisième femme a déploré :

Il n’était pas entreprenant, simplement violent.

Enfin, une autre raconte comment Thierry Marchal-Beck, après une relation consentie, se serait fait menaçant. La harcelant de SMS menaçants.

Je ne pouvais plus m’en sortir. J’ai dû le masturber pour m’en débarrasser. Il disait : ‘Comme tu as dit oui une fois, tu ne peux plus dire non maintenant.’

Beaucoup de cadres connaissaient son comportement

Dans un autre article, Libération a relaté les « années d’omerta et de duplicité » au MJS. À plusieurs reprises, certaines femmes ont tenté d’alerter sur la situation, en vain.

Or, Thierry Marchal-Beck a fait de son engagement féministe, une valeur portée par le MJS, un pivot de son discours.

Vous êtes supposés vous battre pour ces valeurs d’égalité, de féminisme. Et vous voyez que non seulement elles ne sont pas appliquées mais qu’elles sont foulées au pied. C’était un peu schizophrène.

S’est scandalisée une ancienne animatrice fédérale.

Une ancienne secrétaire nationale du MJS s’est souvenue avoir évoqué « le problème TMB » dès 2011 mais, pour elle, « l’orga a couvert ». En effet, le quotidien a décrit un « système de protection autour de TMB ».

Quand il venait en province, il y avait une bulle de sécurité autour de lui, pour être sûr qu’il rentre dormir sans déraper.

Ainsi, le journal a décrit un mouvement où la parole des femmes a été minimisée ou ignorée. En effet, les victimes qui sonnent l’alarme doivent faire face au « poids de l’organisation ».

Ancien président du MJS et figure tutélaire du mouvement, Benoît Hamon a déclaré avoir eu connaissance « vaguement des rumeurs » en 2012.

Je ne disposais d’aucune information tangible, solide, précise. Je pense que, jusqu’à il y a peu, nous n’étions pas culturellement préparés à tout ça. La société française est en train de faire un pas considérable sur les sujets de harcèlement. La maturité est là.

Révulsé

Ces révélations de Libération ont suscité de vives réactions au sein du Parti socialiste.

Les témoignages qui accusent un ancien président du MJS de harcèlements sexuels et d’agressions sexuelles à l’encontre de jeunes femmes, militantes du mouvement de jeunesse, sont d’une extrême gravité. Ils ne sauraient rester sans suites judiciaires adéquates.

A indiqué le Parti socialiste dans un communiqué publié lundi soir.

Le PS salue le courage dont ont fait preuve ces femmes pour dénoncer des faits qui devront désormais être qualifiés par la justice.

De son côté, la secrétaire nationale du PS, Rita Maalouf, en charge des droits des femmes, a indiqué à l’AFP qu’elle souhaitait la mise en place d’une cellule d’écoute au sein du parti. En outre, elle a demandé qu’à l’avenir « le harcèlement soit un motif d’exclusion ».

L’actuel président du MJS, Benjamin Lucas, s’est dit « révulsé ». Il s’est engagé à “continuer le travail entrepris depuis plusieurs semaines pour interroger et transformer nos cadres collectifs, nos pratiques, nos silences.

Enfin, sur France Info, Laura Slimani, présidente des Jeunes socialistes européens, a déclaré :

Ça me glace, ça me stupéfie parce qu’à la fois je ne savais pas. Et qu’en même temps, je ne peux pas m’empêcher de refaire le film dans ma tête. Et de me dire qu’il y a peut-être des moments où j’aurais pu faire des choses. Que je ne les ai pas forcément faites.

Régis Juanico, président du Mouvement des jeunes socialistes de 1995 à 1997 a tenu à exprimer sa sidération sur Twitter.

Publié le jeudi 16 novembre 2017 à 10:51, modifications jeudi 16 novembre 2017 à 10:35

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