Politique

Affaire Bygmalion : renvoyé devant le tribunal correctionnel, Nicolas Sarkozy fait appel

Vendredi 3 février, la sentence est tombée pour Nicolas Sarkozy, renvoyé devant le tribunal correctionnel dans le cadre de l’enquête sur l’affaire Bygmalion. L’ancien président de la république va faire appel.

Nicolas Sarkozy en a fini avec la politique mais pas encore avec la justice. Vendredi 3 février, le juge d’instruction de pôle financier du tribunal de Paris Serge Tournaire a signé une ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel. L’ancien président de la république est donc de nouveau appelé à comparaître dans l’affaire de dépassement des dépenses liées à sa campagne présidentielle de 2012.

L’avocat de Nicolas Sarkozy Thierry Herzog entend faire appel en se basant sur le profond désaccord qui oppose les deux juges d’instruction en charge de l’affaire : Serge Tournaire et Renaud van Ruymbeke. Le second magistrat a en effet refusé d’apposer sa signature sur l’ordonnance. Thierry Herzog compte bien appuyer sa défense sur ce détail en jetant le doute sur une décision judiciaire qu’il considère comme vide de sens :

Ce désaccord manifeste entre ces deux magistrats, co-saisis d’une même information (judiciaire), fait rarissime pour être souligné, illustre l’inanité de cette décision.

 

Hypothèse “peu crédible”

Ouverte en 2014, l’enquête connue sous le nom de l’« Affaire Bygmalion » inculpe treize autres protagonistes dont Bastien Millot, ancien dirigeant de la société Bygmalion pour avoir produit des fausses factures destinées à dissimuler le dépassement du plafond (fixé à 22,5 millions d’euros) des dépenses autorisées par la loi, dans le but de financer la campagne électorale de Nicolas Sarkozy.

Si l’enquête en cours ne permet pour l’instant pas de déterminer que Nicolas Sarkozy a ordonné à ses collaborateurs de recourir à des fraudes pour financer ses meetings, le juge Serge Tournaire estime cependant que le niveau de responsabilité de l’ancien président est suffisamment important pour justifier un nouveau procès. En témoigne ce passage qui figure sur l’ordonnance, dont le quotidien Le Monde a eu connaissance :

L’autorité de Nicolas Sarkozy, son expérience politique et l’enjeu que représentait pour lui sa nouvelle candidature à la magistrature suprême, rendent peu crédible l’hypothèse d’un candidat déconnecté de sa campagne laissant ses équipes ou son parti et ses dirigeants agir en dehors de lui et décider de tout à sa place.

Dans l’hypothèse où Nicolas Sarkozy verrait une issue favorable à sa requête d’appel, cela ne marquerait pas pour autant la fin de ses démêlés avec la justice. En effet, celui-ci est encore inquiété dans trois autres affaires judiciaires :  l’affaire Sarkozy-Kadhafi, l’affaire Azibert et l’affaire des sondages de l’Élysée.

Publié le mercredi 8 février 2017 à 14:28, modifications mercredi 8 février 2017 à 14:28

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