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Boris Boillon, l’ancien « Sarko Boy », devant les juges

Boris Boillon, un ancien diplomate et conseiller de Nicolas Sarkozy, avait été interpellé le 31 juillet 2013 avec 350 000 euros et 40 000 dollars en liquide alors qu’il prenait un train pour Bruxelles. Il sera jugé ces lundi et mardi à Paris pour « blanchiment de fraude fiscale ».

Boris Boillon est une personnalité atypique dans le monde feutré de la diplomatie. Or, son nom revient, ainsi, dans plusieurs affaires polémiques, dont la dernière en date remonte au 31 juillet 2013.

Il est arrêté ce jour-là en gare du Nord à Paris alors qu’il s’apprête à prendre le train pour Bruxelles. Dans ses bagages, il transportait d’importantes sommes en liquide (350 000 euros et 40 000 dollars), sachant que les transferts internationaux d’argent liquide au sein de l’Union européenne sont limités à 10 000 euros.

Or, Boris Boillon ne s’est pas contenté de ne pas déclarer ces sommes. En effet, la justice le soupçonne également d’avoir produit un faux pour légitimer ce transfert de fonds.

Le plus jeune des ambassadeurs français

Dès ses premiers pas au Quai d’Orsay en 2011, cet ancien conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy à l’Elysée, est rapidement devenu ambassadeur de France.

Ainsi, arabophone, il est propulsé ambassadeur à Bagdad en Irak, puis à Tunis, en Tunisie.

Pourtant, avec son style à la James Bond, mais aussi avec son franc-parler et son tempérament fougueux, ses maladresses et gaffes à répétition entachent sa carrière, qu’il a suspendue en novembre 2016.

Oui, je suis un Sarko boy. Quand on a vécu quatre ans de sa vie complètement rythmée par un homme comme ça, on est forcément influencé par son style, sa manière d’agir et de penser.

Avait-il déclaré en 2009 dans une interview à l’Est Républicain.

À son arrivée à l’Elysée, François Hollande choisit de se passer des services du proche de Nicolas Sarkozy.

Alors, en août 2012, Boris Boillon se recycle dans le privé et crée une société de conseil baptisée Spartago.

Il disparaît de la scène politique jusqu’à ce fameux 31 juillet 2013.

Alors qu’il s’apprête à monter dans un train pour Bruxelles, l’ex-ambassadeur est prié d’ouvrir son sac.

A l’intérieur les douaniers découvrent 350.000 euros et 40.000 dollars en liquide. Boris Boillon est arrêté et le service national des douanes judiciaires est saisi.

Le spécialiste du Moyen-Orient avait alors expliqué aux enquêteurs que ces sommes provenaient de ses activités professionnelles privées en Irak.

D’après lui, ces prestations étaient rémunérées en liquide du fait des carences du système bancaire irakien.

Je n’étais pas à l’aise avec cet argent stocké en partie dans mon bureau. Et dans une mallette enterrée à côté de ma cave.

Avait justifié Boris Boillon en précisant :

Je voulais régulariser la chose au plus vite. Ça me paraissait plus facile en Belgique.

Un lien avec le financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy ?

Cependant, l’enquête et les nombreuses investigations n’ont pas permis de retracer l’origine des espèces. Par conséquent, la justice soupçonne l’ancien diplomate de les avoir cachées au fisc et d’avoir produit de faux justificatifs pour tenter de le dissimuler.

Ainsi, le procès, d’abord prévu en mars, avait été reporté, la demi-journée prévue ayant été jugée insuffisante par le tribunal correctionnel de Paris au regard de « la complexité du dossier ».

En outre, les enquêteurs se sont demandés s’ils devaient faire le lien avec l’enquête sur le possible financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy.

Les débats se tiendront donc lundi 22 mai toute la journée et mardi 23 dans la matinée par le tribunal correctionnel de Paris.

Il sera jugé pour « blanchiment de fraude fiscale », « faux et usage de faux », « manquement à l’obligation déclarative de transfert de capitaux » et « abus de biens sociaux ».

Boris Boillon encourt jusqu’à cinq ans de prison et d’importantes amendes pour les autres chefs de poursuite.

Publié le lundi 22 mai 2017 à 12:56, modifications lundi 22 mai 2017 à 12:38

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