Actualité

Attentat de Nice : Une policière accuse le gouvernement, Bernard Cazeneuve contre-attaque

Le ministre de l’Intérieur a réagi aux accusations d’harcèlement de la policière en charge de la vidéosurveillance à Nice.

La polémique ne cesse d’enfler autour des vidéosurveillance qui ont capturé les images de l’attentat qui a tué 84 personnes le 14 juillet sur la promenade des Anglais à Nice. En poste le soir du drame, la responsable du Centre de supervision urbain (CSU) de Nice, Sandra Bertin a exprimé son désarroi et sa colère en affirmant qu’elle avait subi des pressions de la part du ministère de Bernard Cazeneuve.

La policière municipale et secrétaire générale du Syndicat autonome de la fonction publique territoriale de Nice a déclaré dans un entretien paru dimanche 24 juillet dans le Journal du Dimanche qu’elle avait été harcelée par la Place Beauvau :

Je me rappellerai toute ma vie de cette heure-là : 22h33. J’étais devant les écrans du CSU avec les équipes. Nous recevons alors des policiers municipaux positionnés sur la Promenade le signalement d’un camion fou. Nous récupérons tout de suite son image à l’écran et nous demandons son interception. Le camion était lancé à 90 km/h, sans phares, sans qu’on l’entende à cause du bruit. Il contourne le barrage de la police municipale. Les équipes n’ont pas pu l’arrêter. On ne crève pas les pneus d’un 19 tonnes avec un revolver !

La responsable de la vidéosurveillance va plus loin en expliquant que le ministère de l’Intérieur lui aurait demandé de préciser dans son rapport que la police nationale était bien présente aux côtés de la police municipale :

J’ai alors eu affaire à une personne pressée qui m’a demandé un compte-rendu signalant les points de présence de la police municipale, les barrières, et de bien préciser que l’on voyait aussi la police nationale sur deux points dans le dispositif de sécurité. Je lui ai répondu que je n’écrirais que ce que j’avais vu.

Or elle a assuré au JDD qu’elle n’avait pas repéré la présence de la police nationale sur les images de vidéosurveillance.

J’ai été harcelée pendant une heure, on m’a ordonné de taper des positions spécifiques de la police nationale que je n’ai pas vu à l’écran. À tel point que j’ai dû physiquement renvoyer du CSU l’émissaire du ministère !

A détaillé Sandra Bertin, en lâchant qu’elle avait finalement envoyé une version en PDF non modifiable et une autre modifiable de son rapport.

Bernard Cazeneuve n’a pas tardé à réagir à ses graves accusations. En effet, le ministre a décidé de porter plainte pour « diffamation ».

Contrairement à ce que Mme Bertin affirme, ce n’est en aucun cas le cabinet du ministre de l’Intérieur qui a envoyé un commissaire au CSU ou qui aurait eu des échanges avec elle.

A expliqué le ministre de l’Intérieur, en rappelant que c’est sous « la seule autorité » du procureur de Paris que des policiers enquêteurs ont été dépêchés au CSU de Nice.

Les accusations indignes de ce jour s’inscrivent dans la suite des polémiques virulentes que certains élus de Nice ont souhaité entretenir puis alimenter chaque jour depuis le terrible attentat du 14 juillet.

A dénoncé le locataire de la Place Beauvau, en appelant « chacun à reprendre ses esprits »

La vérité, la transparence et la dignité exigent que l’enquête conduite sous l’autorité des magistrats instructeurs puisse de dérouler dans les meilleures conditions : la France le doit aux victimes de cet acte odieux.

A poursuivi le ministre en soulignant :

Il contribue activement à cette oeuvre de vérité, par la mobilisation des services compétents placés sous l’autorité des magistrats.

Publié le dimanche 24 juillet 2016 à 20:08, modifications dimanche 20 novembre 2016 à 1:25

Vous aimerez aussi

Participer:

Proposer une correction Ecrire un article sur le sujet

Suivez-nous:

Discuttez !