Que fait la France contre la fraude des retraités algériens ?

Par Lina Djebali Publié le 26/03/2024 à 12:15
retraités avec drapeau de l'Algérie à côté

Le plan de lutte contre la fraude lancé en mai 2023 a fait preuve d'efficacité.
Le gouvernement français décide de le renforcer en instaurant de nouvelles mesures.

Afin de lutter contre la fraude, de nouvelles mesures visant à contrôler les retraités algériens sont mises en place.

Dans le cadre de sa lutte contre la fraude, le gouvernement a décidé d'introduire de nouveaux dispositifs. Ces derniers lui permettront de surveiller de près les retraités résidant à l'étranger, notamment ceux originaires d'Algérie.

200 millions d’euros de préjudice détectés

Une année après son lancement, le plan anti-fraude du gouvernement a porté ses fruits. Selon les données présentées dans le bilan du 20 mars par le Premier ministre Gabriel Attal, près de 200 millions d'euros ont été repérés, rapporte Capital. Ce chiffre ne cesse de croître, car « entre 2017 et 2021, les indus évités étaient passés de 95 à 153 millions d’euros ».

Depuis plusieurs années, l'Assurance Retraite, qui gère les pensions de base de plus de 15 millions de retraités, dispose d'outils de lutte contre la fraude. Par exemple, pour calculer le montant des pensions, elle vérifie simplement les justificatifs. En ce qui concerne les retraités à l'étranger, ils doivent fournir un certificat d'existence chaque année pour prouver leur existence. Ce document est ensuite vérifié soit par une ambassade soit par un commissariat de police.

Les retraités algériens sont dans le viseur du gouvernement français

Cependant, cela reste insuffisant dans certains cas, ce qui accroît le risque de fraude. C'est notamment le cas dans les pays où la France ne peut pas vérifier directement la situation des retraités en raison d'un manque d'informations. Par conséquent, le gouvernement a décidé de renforcer son plan de lutte contre la fraude en mettant en place de nouveaux dispositifs. En Algérie, par exemple, l'Assurance Retraite va collaborer avec des banques locales. Ainsi, il sera plus facile de vérifier l'identité des bénéficiaires.

De plus, le dispositif de vérification des centenaires sera renforcé. Après avoir démontré son efficacité, il sera étendu aux personnes de plus de 85 ans. « Ces contrôles seront réalisés par l'intermédiaire de tiers de confiance qui peuvent être, selon les pays, un réseau bancaire, une administration locale, le réseau consulaire français… », liste l’Assurance retraite.

En outre, l'organisme aura un accès simplifié aux comptes bancaires des bénéficiaires. Selon la même source, d'ici fin juin, l'organisme pourra accéder à tous les comptes bancaires ouverts en France (comptes courants, livrets d’épargne, comptes-titres…). Cela lui permettra de « vérifier la validité des coordonnées bancaires transmises par les retraités pour le paiement de leur pension ».

Diplômée d’un master en Finance d’entreprises et rédactrice de profession, j'apprécie le fait de partager mes connaissances et les dernières actus a travers mes écrits.