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Maltraitance animale : Des caméras dans les abattoirs dès 2018

Les caméras de vidéosurveillance devraient être rendues obligatoires dans les abattoirs. Une mesure jugée insuffisante par les associations de défense des animaux.

L’Assemblée nationale a adopté vendredi 13 janvier cette mesure contre la maltraitance animale soutenue par les radicaux de gauche. Un vote qui a créé la surprise. A noter : la maigre représentation des députés à l’Assemblée. Seuls 32 étaient présents sur les 577 élus.

Cette mesure intervient après la diffusion de plusieurs vidéos choquantes diffusées par l’association L214. Les images avaient suscité de vives réactions de la part de la société. On pouvait y voir la torture que subissaient certaines bêtes mal étourdies ou accrochées vivantes avant d’être abattues.

La proposition de loi sur le “respect animal en abattoir”, portée par le député radical de gauche Olivier Falorni, était au départ mal engagée. L’installation de vidéosurveillance dans les abattoirs avait en effet été écartée en décembre dernier. Ce qui avait donné lieu à la mobilisation des associations. Celles-ci avaient donc décidé de mettre la pression sur les députés pour réintroduire la vidéosurveillance, considérée comme la “mesure phare” de la proposition de loi. Dix ONG de protection animale avait signé un courrier commun dont les fondations 30 millions d’amis et Brigitte Bardot, CIWF et L214.

“Les animaux peuvent continuer à souffrir”

Il a finalement été décidé qu’à partir du 1er janvier 2018 des caméras seront installées dans toutes les zones où des animaux vivants sont manipulés, soit “tous les lieux d’acheminement, d’hébergement, d’immobilisation, d’étourdissement, d’abattage et de mise à mort des animaux”.

Mais les associations pour la protection animale ne sont pas réellement  satisfaites. Et pour cause : ces mesures seront prises à l’issue d’une “expérimentation permettant d’évaluer l’opportunité et les conditions de sa mise en place”.

Et il n’est pour l’instant pas précisé quels seront les abattoirs tests ni qui sera chargé d’évaluer cette expérimentation. De plus, seuls les services de l’Etat de contrôle vétérinaire et les responsables de protection animale (un salarié nommé dans chaque établissement) auront accès aux vidéos. L214 le déplore :

Ni les associations, ni les citoyens, n’auront la possibilité de savoir ce qu’il s’y déroule au quotidien, alors que les contrôles du ministère de l’Agriculture révèlent que 80% des abattoirs ne respectent même pas les normes minimales.

On pouvait ainsi lire sur la page Facebook de L214 :

Loi sur les abattoirs: les animaux peuvent continuer à souffrir.Ce soir l'Assemblée nationale a voté sur les articles…

Publié par L214 Ethique et Animaux sur jeudi 12 janvier 2017

Pas de vétérinaire comme prévu

Les associations regrettent également le retrait d’une autre mesure initialement prévue par le texte. Celle-ci rendait obligatoire la présence de vétérinaires aux postes d’étourdissement et de mise à mort dans les abattoirs de plus de 50 salariés. Le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll a justifié cette suppression :

Si on va vers la vidéosurveillance, on ne peut pas en même temps demander à l’Etat de mettre un vétérinaire par chaîne d’abattage.

Cependant, les sanctions pénales ont été modifiées. La maltraitance animale dans un abattoir ou dans les transports d’animaux est désormais considérée comme un délit. Ce type de maltraitance est ainsi passible de six mois d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende.

Par ailleurs, un comité national d’éthique des abattoirs sera créé au sein du Conseil national de l’alimentation.

Publié le dimanche 15 janvier 2017 à 9:03, modifications samedi 14 janvier 2017 à 20:59

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